||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

l’Effet Ratatouille (reportage zoologique)

L’histoire se passe dans un petit écrin de nature reconstituée, coincé entre le Palais de la Découverte et la Seine. Ma compagne et une amie ayant eu une subite crise de fièvre acheteuse à deux pas des Champs-Elysées, je me retrouvais donc esseulé avec deux marmots, avec la mission impossible de les distraire pendant une bonne heure sans aucun accessoire « trompe l’ennui » genre jouet ou autre gadget électronique pour accomplir cette tâche ardue. J’avais tout de même un paquet de petits beurres pour agrémenter cette épreuve que le destin avait mis sur ma route.

Alors que faire ???

Bien heureusement, j’avais repéré cet ilot verdoyant à deux pas du pont Alexandre III. Vous savez, ce joli pont pompeux, orné d’enfants, d’hommes et de femmes à poils (en sculpture, bien entendu). D’ailleurs c’est fou tous ces humains à poils qui agrémentent les parcs et autres monuments parisiens. Les nus artistiques seraient les métaphores allégoriques exaltant la beauté, la pureté, la liberté, l’innocence…

J’avais donc remarqué dans ce bout de parc, un grand bassin. Je n’avais pas de canne à pêche. Nous lançâmes donc des miettes de petits beurres. Il y avait même un gros poisson rouge gonflé à l’hélium, collé à la surface et presque inerte. L’eau était claire, presque limpide et le spectacle fut réussi.

La petite Lola, épuisée dans sa poussette, n’allait pas tarder à plonger dans un sommeil profond. Mais mon fils, lui, avait la grande forme et un enfant qui a la grande forme, il lui faut bien plus que des carpes muettes pour l’absorber pendant une heure. Certes, il y avait bien quelques pigeons à nourrir. Mais les colombins sont mal élevés et c’est tellement banal. Il me fallait trouver autre chose.

C’est alors que j’aperçus à quelques mètres, une petite touffe de poil à longue queue, traversant l’allée. « Cléanthe, regarde derrière toi ! » Trop tard ! L’animal furtif avait disparu. Quelques secondes plus tard, c’est un autre rongeur qui nageait dans l’onde, pour aller se réfugier sous les rochers artificiels, tout près de la petite cascade ! Plus de doute, les poissons partageaient cet espace avec une communauté de rats !

Les rats aiment-ils les petits beurres ? A cette question de la prime importance zoologique, il me fallait répondre. Nourrir des rats, quelle idée incongrue ! Faut vraiment être con et n’avoir que ça à foutre ! Le dégoût du rat d’égout est tenace. Le pauvre animal a mauvaise réputation et génère une aversion certaine chez la plupart des humains. Mais à l’heure de la réconciliation planétaire de l’homme et son environnement, je décidais d’être le premier à tenter un rapprochement diplomatique avec le peuple des rats.

Nous élaborâmes donc un stratagème sans grande illusion, mais qui ne tente rien, n’a rien. Nous posâmes quelques morceaux de petits beurres au bord de l’eau, avant de nous asseoir sur un banc à quelques pas, dans une immobilité totale. Après quelques minutes d’attente le spectacle fut au rendez-vous. Le premier rat apparut sur la droite (un éclaireur ?). il devait m’observer d’un avant poste. Il scruta l’horizon, puis huma la bectance avant de l’engouffrer sans précipitation. Un geste de Cléanthe le fit déguerpir en un éclair.

Forts de ce premier contact, nous retentâmes l’expérience avec une multitude de morceaux de petits beurres. Puis nous reprîmes notre attente. Ce fut fantastique. L’éclaireur (du moins je suppose) revint tout d’abord. Puis un second, puis un troisième. Soudain, deux congénères apparurent sur la gauche. Est-ce qu’il m’observaient tous, ou alors, est-ce l’éclaireur qui avait transmis l’info ? Est-ce en voyant un pote ripailler qu’ils s’approchèrent voir ce qui traînait dans le coin. Autant de questions sans réponses… Au total, pas moins de six rats vinrent s’empiffrer au festin ! C’était surnaturel… nous n’étions qu’à deux mètres et nos mouvements ne semblaient plus les effrayer. Un passant pressé eut un sursaut lorsqu’il aperçut la scène, puis continua son chemin en nous lançant un regard étonné. Le plus dégourdi des rats s’approcha même de la poussette en quête de gourmandise. J’en eus un frisson de frayeur irrationnel et fit un mouvement vigoureux pour lui faire comprendre qu’il y avait une limite à ne pas franchir. Il rebroussa donc chemin, soucieux de s’en tenir au protocole que j’avais établi.

Que conclure de cette expérience ? Que les rats aiment les petits beurres… Et qu’à l’inverse des humains, les rats des villes semblent plus avenants que les rats des champs. Mais il est trop tôt pour porter des conclusions sociologiques poussées. Aussi, je lance un appel afin de recueillir des témoignages pour approfondir mes connaissances. Si, par hasard, un Mznaute parisien vient à passer par ce petit parc, qu’il tente cette expérience totalement fun que mon fils n’est pas près d’oublier !

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