||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

VENDREDI 13 : Catastrophe ou jour de chance ?

Les Irlandais ont dit non au traité simplifié sur les institutions européennes, le vendredi 13 juin dernier. Tout comme l’avaient déjà fait les néerlandais et les français, il y a deux ans. A la veille de la présidence française, c’est un nouveau désaveu populaire pour un texte jugé idéologiquement ultralibéral et antidémocratique par ses détracteurs. Ce rejet sonne t’il le glas de l’autisme des pouvoirs politiques, ou bien, continueront-ils la ratification à marche forcée ?

« Le peuple n’est pas d’accord. Changeons le peuple » Bertolt Brecht.

Nous avons donc rencontré Bernard KOUCHNER, le ministre des affaires étrangères, pour en savoir plus sur la gestion de cette nouvelle crise institutionnelle. Il nous a reçus dans les locaux de France Monde, qui est dirigée par son épouse.

MZ : Monsieur le Ministre, après le non des irlandais, ça ne va pas être simple de rebondir ?

BK : Non, bien au contraire, je pense que ce référendum négatif est une véritable chance pour relancer la construction européenne.

MZ : C’est le troisième référendum qui recale le projet de constitution. Il semblerait que, dès qu’un peuple est consulté, il rejette ce texte.

BK : C’est exact, le divorce entre les pouvoirs européens et leurs peuples est prononcé. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne pourrons pas imposer un texte, si bon soit-il, sans l’accord des populations. Nous devons enfin faire preuve d’humilité.

MZ : A la veille de la présidence française de l’Union Européenne, quelles seront les propositions de la France, pour éviter le grippage des institutions ?

BK : Nous allons passer au Plan B.

MZ : Pardon ? Il y aurait donc un plan B ?

BK : Mais bien sur, et Nicolas Sarkozy l’annoncera prochainement.

MZ : C’est une surprise. Quel est-il ?

BK : Désormais ce sera le peuple qui devra décider de son avenir européen, et non plus des individus n’ayant aucun mandat démocratique et qui subissent en permanence les pressions des lobbys de tous ordres. Ce qui a pour effet d’orienter leurs décisions en faveur des Seigneurs de la guerre économique. Ce qu’il faut faire à présent, c’est relancer l’Europe démocratique. Tous les sondages le montrent : les européens ne sont pas contre l’Europe, mais pour l’Europe. C’est l’Europe que nous construisons qui les inquiète.

MZ : Concrètement, ce plan B, c’est quoi ?

BK : C’est assez simple en réalité. En 2009 auront lieu les prochaines élections des députés européens. Dans toute démocratie qui se respecte les peuples députent des représentants qui forment une Assemblée Constituante. Ces députés auront le rôle de constituer les règles fondamentales rassemblées dans la nouvelle Constitution Européenne. Cette Constitution sera tout à fait légitime, puisque se seront les européens qui auront choisi les députés chargés de l’élaborer.

MZ : Et…pourquoi n’y a-t-on pas pensé plutôt ?

BK : Si j’étais honnête, je dirais que lorsque le peuple décide de son destin, cela peut avoir des conséquences néfastes pour l’oligarchie qui détient les rênes du pouvoir établi. Mais je préfère vous faire valoir qu’un traité comme celui-ci nécessite un travail herculéen, afin d’accorder au mieux les particularismes tout en ménageant les susceptibilités de chaque état membre. C’est pourquoi il a semblé jusqu’ici plus judicieux de confier cette tâche ardue et sacerdotale à de véritables experts dont la formation et l’expérience ont permis l’avènement du traité qui vient d’être rejeté encore une fois.

MZ : Donc résumons : les européens voteront pour des députés dont la mission sera d’élaborer la nouvelle constitution européenne. Ces femmes et ses hommes auront donc toute légitimité puisque élus pour cela.

BK : Voila.

MZ : Merci monsieur le ministre. Sinon, pour le reste du monde, où en est la diplomatie française ?

BK : Oh bien c’est assez simple. On a fait un bide avec Ingrid Bétancourt. On a fait un bide avec Kadhafi, avec le Liban, avec le Tchad, avec la Chine. En fait, on ne fait que des bides.

MZ : Et votre allégeance à George Bush ou encore à Vladimir Poutine ?

BK : Oui, ce sont d’autres bides. En fait, on est prêts à bouffer à tous les râteliers pour fourguer deux ou trois babioles qui nous restent la plupart du temps sur les bras. C’est bien simple on nous prend pour des marchands de tapis dans le monde entier. Il n’y a guère que Georges Bush qui nous prend au sérieux. C’est dire !

MZ : Vous avez tout de même quelques satisfactions ?

BK : Oui, bien sur : je suis ministre des affaires étrangères.

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