||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

SRIRACHA POSSEE

Motivés !

Sriracha Sauce naît dans un restaurant chinois parisien sous l’impulsion de Bruno Ponge et Laurent Yvon, experts en bouffe épicée. Le nom de ce qui deviendra plus tard l’une des structures de management les plus efficaces en France était donc bien trouvé pour leur combat ludique. Association régie par la loi 1901, le but est de booker des dates pour le groupe féminin funky Les Coquines qui se sépare en 1993. L ’action de l’asso va donc très vite se tourner vers Lofofora (qui à cette époque écume encore les bars et autres squats enfumés) et plus tard d’autres groupes devenus grosses pointures de la scène hexagonale. Entre désir de faire avancer les choses en France et prouver qu’il n’est pas nécessaire de vendre 100 000 disques pour vivre de son art, le possee Sriracha va très vite se professionnaliser en se forgeant une fière réputation de structure libre animée par un fort sentiment de respect.

1989, alors que Bérurier Noir se sépare et que le rock semble chavirer, beaucoup de labels indépendants n’arrivent plus à survivre face au raz-de-marée des majors. Sriracha se porte donc volontaire pour soutenir les groupes dans leurs démarches de professionnalisation en leur apportant un réel soutien logistique et économique malgré les dures réalités du marché. Après tout si un groupe reste dans l’ombre des médias ce n’est pas forcement parce qu’il est mauvais mais le plus souvent parce qu’il ne correspond pas aux moules préfabriqués conçus par les gros labels qui voient en eux un chiffre avant de voir un groupe ; c’est là ou Sriracha en véritable robin des bois des temps modernes intervient pour restaurer l’ordre et un certain équilibre beaucoup plus juste. Les différentes facettes des métiers de la musique vont donc être pleinement assumées (tourneur, producteur, booking, management, merchandising) par l’asso avec comme valeur respect, entraide et humanité ; un genre de peace and love dans le royaume de Gorre ou les coups bas et autres fausses promesses sont légion. Sriracha s’illustre donc par ce côté humain et "à l’écoute de" qui fait défaut aux requins du métier. Tissant des liens très personnels avec les groupes qu’il encadre et s’agrandissant au fil des rencontres, le possee fait très tôt parler de lui surtout après le passage de Lofofora aux Transmusicales de Rennes en 1994 qui les propulse dans le monde pro. Dès lors les choses s’accélèrent aussi bien pour le groupe que pour la structure de management.

Mais Sriracha ce n’est pas seulement du métal (No return, Dirty District) puisqu’à la liste des groupes pris en charge viennent s’ajouter Ekova (trip-hop), Les Moskokids (rap) et dans un registre plus fusion Oneyed jack, ce qui prouve donc que le collectif s’ouvre sur des horizons musicaux variés et pas uniquement dans un registre en particulier.
L’asso se voit limité dans son champ d’action et décide de monter en puissance en se structurant en société. Jouant désormais dans la cour des grands, "l’assos piquante" ne craint pas de gérer des groupes ayant signer chez des majors (Lofofora avait signé chez Virgin pour son premier ep en 1995 avant de revenir à ses premiers amours : l’autoproduction). Les coups de coeur sont légions et les calculs commerciaux laissés au placard. Véritable famille reconstituée, l’agrandissement se fait donc de façon très naturelle. Watcha, Black Bomb A, Pleymo ou encore Tripod et Boost débarquent donc dans la grande familia, autrement dit la pointe même de la scène rock/métal en France. La tribu sriracha fait des émules et offre ainsi aux groupes précités une reconnaissance par les professionnels du spectacle et une carrière qu’on ne présente plus.
Dans un désir de mieux diffuser ses actions et ses requêtes, en 1996 sera créé le sriracha zine, fanzine présentant l’actu des groupes et autres articles de fond, comme une main mise sur les médias, après tout on n’est jamais mieux servis que par soi-même. En 1999, le site internet sriracha-sauce.com est en ligne étant également le site officiel de Lofofora. Il faut dire que Reuno est non seulement la figure de proue de Lofo mais aussi celle du possee ; véritable activiste au charisme incroyablement grand. Ainsi le développement se fait tout à fait légitimement à tel point que la structure propose des studios de répétition à ses protégés. Désir de vivre en autarcie ? Non. Simplement Sriracha a vite compris qu’en limitant les intermédiaires et en restant toujours très proches des groupes, le travail ne pouvait qu’être plus efficace. Après tout l’union fait la force...

Après plusieurs années de militantisme et de lutte acharnée, Sriracha s’impose donc en chef de file d’un mouvement musical et devient le modèle de moults associations nées avec ce même désir de faire évoluer les choses. Ainsi le collectif Coriace (Tripod) ou encore Nowhere (Pleymo) vont s’inspirer du modèle du grand frère afin de tisser leur propre toile et à leur tour s’imposer comme il se doit. Car la réussite de Sriracha a de quoi faire rêver, après le succès du Sriracha Tour proposant Lofofora, Watcha et Black Bomb A sur le même plateau pour 6 dates en 2002, au profit de Orphelins Sida International, chacun pourra avouer (surtout les derniers récalcitrants) que le collectif sait de quoi il s’occupe. D’ailleurs à la vue des salles archi-combles, le volume 2 avec les mêmes groupes repartira sur les routes cette fois-ci du 11 mai au 1er juin de la même année. On peut déjà dire que Sriracha a réussi son pari en apprenant son métier sur le tas et surtout en devenant une véritable institution dans le monde du rock, comme un temple de la Mecque pour tous les pèlerins rebelles usés par la mouvance prolifique des mastodons du business.
C’est donc en toute légitimité que le volume 3 symbolisant les dix ans du possee embarquera en tournée Boost, Black Bomb A et Tripod. Aujourd’hui malgré les galères et autres bâtons dans les roues, la structure est toujours sur pied faisant front avec toujours cette même sagesse de l’esprit et cette bonté qui manque cruellement à beaucoup. Adepte du "do it yourself", le possee se passe de toute subvention afin de rester seul maître à bord et de ne pas s’embourgeoiser dans un confort de luxe genre gros fauteuil en cuir et autres cigares gros comme des barreaux de chaises. Chez Sriracha on est plus adepte de la crête qui pique que de la cravate qui gratte !

Alors il n’est certainement pas indispensable de préciser que Lofofora doit sa carrière à Sriracha et vis-versa. C’est peut-être pourquoi on n’entend jamais parler de l’un sans l’autre, un peu comme les inséparables Dupont et Dupont, aussi soudés qu’indispensables dans le contexte actuel. Oui car à bien y réfléchir il n’est pas toujours nécessaire de se fier aux agences de booking- marketing qui dans un élan de propagande mercantile nous impose la dernière sensation pseudo instigatrice d’un genre nouveau usurpé aux ricains.
Le travail du Sriracha Possee est donc inénarrable car en somme on lui doit d’avoir révolutionner un mode de diffusion pour jeunes talents et surtout l’émergence voire la résurrection d’un anti-conformisme que l’on croyait défunt. Le travail de fond du possee est à l’image d’un coach sportif qui prépare son poulain en toutes circonstances pour l’emmener haut sur les premières marches du podium. Mais cessons de faire un lien quelconque avec le dur monde de la compétition car la mentalité de ces gens au coeur gros comme le poing en est justement très éloigné. Somme toute, l’équipe de Sriracha prouve qu’avec un peu d’enthousiasme, de hargne, de volonté et surtout beaucoup de dynamisme et d’humanité les choses peuvent évoluer sans jamais rester figées. Il n’ y a qu’à faire comme Reuno Lofo le propose : "se sortir les doigts du fion" !

Lien web : www.sriracharecords.com

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