||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Récession ou décroissance : la fin d’un monde expliqué à mon Président

La planète humaine entre en récession. C’est la mobilisation internationale tonitruante et générale des G7, G8, G20, G peur ! Tous les dirigeants du monde des hommes s’activent, gesticulent, se concertent, pour sauver l’économie mondialisée et vous êtes heureux de pouvoir donner libre cours à votre hyperactivité !!!! Vous fanfaronnez à tout va et caricaturez ainsi à merveille l’emblème de notre pays qui, comme disait Coluche : « Est le seul animal à pouvoir chanter les pieds dans la merde ». Je suis rassuré car vous êtes bien plus fort que Chuck Norris.
Vous n’avez plus qu’une pensée à l’esprit : Relancer la croissance, relancer la croissance, relancer la croissance… Mais faut-il soigner le mal par le mal ?

Les voitures, par exemple, se vendent mal. Hourra ! Les citoyens roulent moins souvent, moins vite, consomment donc moins de pétrole, il y a moins d’accidents, moins de morts sur les routes, moins de pollution atmosphérique… Comment cela ? Des milliers d’emplois sont en danger. Il faut inciter le peuple à acheter des véhicules neufs, aider les entreprises, relancer la croissance. Pourquoi, ne pas supprimer les limitations de vitesses, et autoriser l’alcool au volant pendant qu’on y est ! Voilà qui relancera le marché de l’automobile !
Devrait-on déclarer la guerre pour assurer nos ventes d’armes et préserver des emplois dans l’armement et les fortunes de vos copains au lieu de se réjouir de la paix ? (Allez Nicolas, ne me dites pas que vous n’avez jamais pensé déclarer la guerre. Les grands médias de notre pays ne sont-ils pas tenus par des marchands d’armes qui sont, de surcroit, vos amis intimes).

Et puis la guerre, ravage tout ! Ce qui relancera inévitablement la croissance. C’est bien connu !

Relancer la croissance, relancer la croissance, relancer la croissance ! Monsieur le Président, il vous faut ouvrir les yeux ! Le chômage revient. Que reste-il de votre travaillez plus pour gagner plus dans une société ou les gagnants ne travaillent pas forcément, où la rente est plus lucrative que le travail ?

La croissance éternelle est impossible, vous savez. Notre monde est limité. On ne peut donc pas le consommer de manière illimitée. Et pour vous sensibilisez à cette évidence qui n’a pas encore effleuré votre esprit affairé, je vous livre ce texte qui éclairera votre lumière céleste :
Selon Yves Paccalet, je cite :

« Le Earth Policy Institute (EPI), de Washington, s’est livré à quelques calculs amusants. Si la croissance de l’économie chinoise se poursuivait au rythme actuel (10% par an). Les chinois rattraperaient les américains en 2030, avec un revenu annuel par tête de 38 000 $. La Chine serait alors peuplée d’un milliard 400 millions d’habitants et on y verrait pétarader un milliard cent millions d’automobiles – alors qu’il en existe 800 millions aujourd’hui sur Terre. La Chine émettrait donc deux fois plus de gaz à effet de serre que le reste du monde. Elle consommerait plus de papier que toutes les forêts de la Terre n’en pourraient fournir. Elle absorberait les quatre cinquièmes de la production actuelle de viande et les deux tiers de celle de céréales. »

Et on ne parle que de la Chine.

La croissance infinie de la richesse matérielle n’est donc pas la solution mais bel et bien le problème actuel.

On pourrait finalement conclure qu’un économiste qui ne jure que par la sacrosainte croissance pour résoudre tous les problèmes qu’elle a contribué à engendrer, est complètement con, n’est-ce pas ? On pourrait même en déduire qu’un politique, qui ne jure que par la sacrosainte croissance pour pallier son manque de visibilité sur le futur de l’humanité, est complètement con, n’est-ce pas ? Et si l’on osait, on pourrait prendre conscience qu’un président qui déclare qu’il ira chercher la croissance avec les dents s’il le faut, est complètement c…
Non, non, je n’ai rien écrit, ma plume a fourché. Je ne tiens pas à être trainé en justice. Et puis : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ! » selon Figaro (pas votre journal). Mais je m’égare.

Malheureusement, il nous faut bien constater que tous les économistes ayant pignon sur média ou presque, tous les politiques ayant droit de citer ou presque, tous les journalistes, présentateurs, philosophes, intellectuels, tous les maîtres à penser gauchers ou droitiers, qui formatent nos esprits, tous posent un préalable à tout débat qui est celui-ci :

PAS DE BONHEUR A VENIR SANS CROISSANCE. BORDEL DE MERDE !

Le moindre esprit éclairé qui osera douter d’un tel dogme péremptoire se verra descendu en flamme par une DCA d’arguments habiles bien souvent fallacieux. « De quel droit voulez-vous interdire aux pauvres d’aspirer à vivre comme les riches ? Gosses de riches ! C’est trop facile de cracher dans la soupe qui vous nourrie. Sans croissance, les pauvres seront plus pauvres. » C’est exact dans une société dont l’inégalité est le socle.

Jadis, les puissants, pour régner sur les faibles, agitaient le drapeau diaphane de la religion qui promettait le paradis ou la réincarnation à ceux qui accepteraient d’en chier un max sur terre en préservant ainsi les privilèges de la caste dominante. Ca marche encore assez bien de par le monde, il est vrai. Mais les religions n’ayant qu’une durée limitée (quand bien même, elles traversent plusieurs millénaires), il faut bien que les suppôts de l’inégalité parmi les hommes fassent preuve d’imagination pour que perdure l’injustice. C’est le rôle de tout les discours enflammés sur la croissance et ses bienfaits à venir.
En réalité, le culte de la croissance donne l’espoir aux gueux qu’ils pourront attraper un plus grand nombre des miettes du gâteau de la richesse globale puisqu’il grossit. Et c’est ainsi que l’espérance d’un avenir meilleur aide à supporter la rigueur de l’ordre établi. Mais le système est à bout de souffle pour plusieurs raisons Monsieur le Président.

La mesure de l’accroissement de la richesse doit avoir une cinquantaine d’années. Elle est apparue à l’époque où deux systèmes d’organisations humaines se faisaient la gueule : le capitalisme et le communisme. Ayant renoncé à en découdre militairement pour cause d’armes nucléaires dont l’utilisation intempestive n’aurait donné ni vainqueur, ni vaincu, mais l’apocalypse, les deux mondes luttèrent différemment pour gagner la partie. Le capitalisme décida de rendre ses peuples plus heureux et c’est une association équitable entre le travail et le capital qui lui permit de gagner la partie face à un monde communiste qui finit par mourir d’épuisement malgré ses milliers de chars, d’avions et d’ogives nucléaires. La mesure de la croissance économique fut un outil redoutable pour démontrer la supériorité sociale du système.

Le mur tomba donc et vint le temps de la pérestroïka et de l’humiliation pour le monde des goulags. C’est ensuite que tout se gâta ! Le capitalisme qui avait engendré une multitude de protections pour préserver sa populace de ses excès avérés depuis la révolution industrielle, décida de s’en donner à cœur joie puisque plus aucun modèle ne pourrait lui être opposé à tout jamais, pour l’Eternité.

LE CAPITALISME INVENTA ALORS, LA MONDIALISATION ULTRALIBERALE

Au nom de la libre concurrence, de la liberté de circulation (surtout des marchandises et des profits mais pas des humains reclus dans leurs frontières) et de la globalisation de l’économie, il fit tout d’abord sauter les barrières douanières. Ainsi il put renier les avancées sociales des travailleurs jugés privilégiés pour aller faire trimer les très pauvres du bout du monde, en toute impunité. Il va même jusqu’à faire travailler des enfants ou des prisonniers politiques dans le dernier bastion communiste du monde : LA CHINE, afin de maximiser ses profits comme il dit. (C’est dingue la vie des grands fauves tout de même).

Mais ça commence à merder car les miettes pour la populace se font rares. C’est logique puisque le travail ne vaut plus rien : Il n’est qu’un coût pour le businessman ! Le capitaliste à simplement oublié que le travailleur est aussi le consommateur et que sans argent, il ne consomme plus (même en le matraquant à outrance avec des spots publicitaires où on lui explique que s’il n’achète pas ces produits merveilleux, c’est un gros con très moche). Alors le capitaliste lui a prêté de l’argent pour maintenir le système sous perfusion quelques années supplémentaires. Résultat : des pays riches super-endettés avec des citoyens super-endettés et des banques super-endettés. Bref, une croissance soutenue par l’endettement généralisé.
Mais il y a bien plus grave. Savez-vous qu’un enfant meurt de faim toutes les cinq secondes et que près d’un milliard d’humains souffrent de la faim (tout cela alors que l’ONU souligne que la planète pourrait nourrir 12 milliards d’individus en agriculture biologique). Ce n’est donc pas une fatalité. Et je ne parle même pas des catastrophes écologiques qui ruinent la terre.

Pourtant, cela fait près de vingt ans que vos amis, Monsieur le Président, prétendent que la mondialisation ultralibérale rendra les hommes meilleurs et plus heureux.

Désormais, il n’y a guère le choix Nicolas, il va falloir apprendre le partage. Partage entre les riches et les pauvres.

Donc, résumons :

- 1 – la croissance à tout prix n’apporte plus de bien-être supplémentaire.
- 2 – la croissance illimitée est impossible car nos ressources sont limitées.
- 3 – la répartition des richesses est injuste.
- 3- Tous les hommes ne peuvent pas adopter notre mode de vie occidental car il est destructeur.
- 4- les peuples occidentaux doivent changer leur mode de consommation vers une décroissance matérielle qui n’affectera pas son bien-être (à en juger par nos prises record d’antidépresseurs).

Nicolas. Tu as appris à tes dépends que le bling bling n’apporte pas la sérénité. Toi qui as les médias privés et publics désormais dans ta poche, tu peux œuvrer pour changer le monde avant qu’il ne s’autodétruise. (Toi-même tu ne pourras pas t’en sortir. Même planqué sur le yacht de Bolloré).

Courage Nicolas ! Tu nous as promis la rupture et qu’ensemble, tout devenait possible. Il serait temps que tu te mettes enfin à bosser !

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