||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Présentation au delà du réel

Cette semaine j’aimerais remercier les internautes égarés, commentateurs drôles et avisés de mes dernières chroniques. J’ai nommé Koren, Fry, Moon, Sibfactory et autres anonymes. Recevez toute ma gratitude car il est vraiment agréable de savoir que les mots que l’on porte, ne se perdent pas à tout jamais dans le vide intersidéral de la toile internet, mais que parfois, ces bouteilles virtuelles lancées sur l’océan numérique, échouent sur vos écrans, puis suscitent la sensibilité, l’imagination et l’intelligence des comètes que vous êtes, chers internautes.

Voila pourquoi, je décide de lever, ce jour, le voile et de vous livrer la véritable identité de ce Peimpourte qui squatte les pages de ce blog. En réalité, on m’appelle Stéphane Harris. Oui, on m’appelle et non je m’appelle Stéphane Harris. Petite nuance sans importance, pensez-vous ? Pas si sûr et je m’explique :

Il est évident que je ne m’appelle jamais personnellement. Lorsque je m’adresse à moi-même, je n’ai nul besoin de décliner mon identité, puisque je suis déjà au courant que je vais me parler intérieurement. Si tel n’était pas le cas, j’irais rapidement consulter un spécialiste, car cela signifierait qu’il y a deux personnalités en moi et que cette situation schizophrénique peut devenir explosive.

Ce nom et ce prénom dont je suis affublé, ne sont utiles en réalité, que dans le cadre de mes rapports à autrui. Ils servent à la société pour me répertorier et m’identifier (moins bien qu’un test ADN, ou qu’une puce sous cutanée, certes) ; tout comme mon numéro de sécurité sociale et autres identifiants chez l’assureur, le banquier, etc… Tous ces numéros sont utiles dans mes relations avec mon environnement. Mais il serait absurde de dire, je me numérote 0251237AB, n’est-ce pas ? Voilà pourquoi il est plus juste de dire lorsque l’on se présente, on m’appelle et non je m’appelle. Essayez autour de vous et vous verrez les réactions étonnées.

Ouais, bon d’accord, et alors, on s’en branle, me direz-vous. C’est possible…. Mais tout de même, pourquoi cette méprise, cette erreur de langage ? Ca doit bien cacher quelque chose... Donc creusons ce lapsus afin d’y découvrir un trésor, sait-on jamais.

Stéphane HARRIS, ce ne serait pas vraiment moi... Mais simplement un moyen que la société a inventé pour m’identifier, éventuellement me contrôler, voir m’asservir et me soumettre, de mon plein gré, donc... Ce serait comme…un numéro de nomenclature, un code barre. Certes, il faut bien pouvoir être identifié. Mais cette identification est-elle notre identité ? Dire je m’appelle et non on m’appelle, témoigne de notre combat intérieur inconscient mais permanent, entre notre réalité et la représentation que nous voulons nous forger à partir d’une immatriculation qui nous est donnée. Ouaouh ! On nage en pleine science-fiction ! Nous évoluerions alors, dans des matrices culturelles artificielles qui nous éloigneraient du réel… C’est du Matrix sans les effets spéciaux !

Si j’étais né dans un village africain, dans la forêt amazonienne ou encore, au pays du soleil levant ou dans celui des hamburgers géants, aurais-je les mêmes opinions, les mêmes convictions, les mêmes envies, la même manière de concevoir la vie ? C’est à dire qu’en étant pourtant le même homme biologique, aurais-je les mêmes idées et, par conséquent, accomplirais-je les mêmes actes ? Rien n’est moins sûr ! Car je suis totalement conditionné par la société qui m’a programmé, même si j’ai l’impression d’être libre dans mes pensées. C’est pourquoi comme disait Montaigne, « nous considérons comme barbare, ce qui n’est pas de notre usage ». Et puisque, comme disais ma grand-mère, « les chiens ne font pas des chats », nous sommes presque incapables de relativiser nos modes de vie, donc nous rejetons tout ce qui témoigne d’autres possibilités d’existence.

Bien donc, je reprends mes esprits… je….ne suis plus Stéphane HARRIS. Qui suis-je ? Eh bien…je suis… chroniqueur sur mz webzine… je travaille pour une multinationale… j’ai une villa sur la côte, mais je n’y suis presque jamais (trop occupé)… j’aime le golf et je roule en BMW. J’ai un chien que j’appelle Pupuce et une femme que j’appelle… Mince, encore raté ! Je n’ai fait qu’énumérer ce que je fais et ce que je possède. C’est encore se définir par rapport à des critères imposés par ma culture.

Car si j’étais né il y a 700 ans, je ne bosserais pas dans l’informatique et ne roulerais pas en BMW. J’aurais été un preux chevalier sur mon fidèle destrier ! Mon épouse se nommerait Guenièvre et non Samantha. Et merde ! Suis-je condamné à donner des images de moi, que je forge en me mirant dans l’oeil de la société qui me modèle ? Il est bien difficile de s’en détacher pour nous observer en « ethnologue de nos propres vies ». Afin de penser et vivre par nous-même et corriger les dissonances de nos existences.

Pourquoi devons-nous réfléchir pour savoir ce que nous sommes ? Réfléchir, comme le miroir qui n’est jamais la source du reflet qu’il émet. Serions-nous des miroirs ? Où est la source du reflet ?

Bon, ben, voila matière à réflexion...

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