||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

PEIMPOURTE INTERVIEWE NICOLAS SARKOZY

Mes respects Monsieur le Président

Bonjour Peimpourte

Bien, donc, quoi de neuf ?

Je suis fatigué…Je commence à craquer physiquement et surtout psychologiquement.

Pourtant tout va bien… vous avez la banane. Vous êtes le président de la République Française qui a doublé vos émoluments…

Vous n’allez pas remettre l’histoire de mon augmentation sur le tapis. Je vous rappelle qu’il s’agissait avant tout de me rapprocher de mes collègues européens comme Angela, par exemple, qui sont beaucoup mieux rémunérés que moi…

C’est étrange tout de même…

Quoi ?

Eh bien, lorsqu’il s’agit des élites, il faut ajuster leurs revenus par le haut au nom de la mondialisation. Mais quand il s’agit des peuples, la mondialisation leur impose de s’aligner par le bas…

C’est étrange en effet. Il faudra que j’en parle à mes potes du Cac 40.

Bien… On fait un tour d’actualité, Monsieur le Président ?

Mes vacances au Mexique chez un milliardaire trafiquant de drogue ?

Ou d’autres sujets plus importants peut-être ?

C’est vous qui voyez, je ne vais tout de même pas vous dicter ce que vous devez écrire.

Parlons de la crise ?

Vous allez me déprimer… honnêtement, je ne sais plus quoi faire et il est de plus en plus difficile de cacher mon impuissance.

Avec Carla ?

Ce n’est pas très journalistique comme remarque.

Pardonnez-moi. La réforme du capitalisme est lancée ?

Oui, c’est parti. Finis les paradis fiscaux !

Les mauvaises langues disent que la liste grise est un leurre et que rien ne changera.

Jamais contents les mecs ! Désormais, toute banque d’un pays sur cette liste devra fournir les comptes des individus soupçonnés d’évasion fiscale. S’il y a des preuves, bien entendu.

Mais s’il y a juste de fortes présomptions ?

Non, il faudra des preuves !

Mais les preuves, c’est justement les banquiers qui les possèdent, par les transactions douteuses, non ? Par exemple, c’est une liste secrète de clients d’une banque du Lichtenstein qui a permis de piéger des fraudeurs fiscaux. Cette liste fut la preuve qui lança l’enquête. Les nouvelles directives imposées aux banquiers ne le permettront pas. S’il faut avoir des preuves pour avoir des listes qui sont des preuves ? Donc, rien ne changera…

C’est à peu près exact… mais il fallait faire penser que ça changerait pour calmer la populace. Alors n’allez pas gâcher tout cela avec vos interrogations existentielles !
Vous savez, j’ai été avocat d’affaire. Et j’ai aidé certains de mes clients à passer du pognon en Suisse. Alors ne comptez pas sur moi pour plomber le système.

Bien, et les rémunérations extravagantes, que comptez-vous faire ?

Rien, pourquoi ?

Rien ?

C’est grâce à la puissance médiatico-financière des mes amis du CAC qui je suis arrivé au pouvoir. Je ne vais tout de même pas mordre la main qui me nourrit.
Et puis, s’il n’y avait plus de rémunérations extravagantes, comme vous dîtes, il n’y aurait plus besoin de paradis fiscaux pour les mettre à l’abri… hi, hi, hi.

Il y a trente ans, le rapport entre la rémunération d’un grand patron et son salarié était de 1 à 60. C’était déjà pas mal.

Ouais, bof…

Aujourd’hui elle est de 1 à 300. C’est énorme.

Vous savez, tout est relatif…. Pour eux, ce n’est pas assez. Et puis, ils ont des responsabilités ces gens là.

Lesquelles ?

Ils font tourner l’économie.

Vous êtes sur ? Ce ne seraient pas plutôt les gens qui produisent ?

Mais sans patron, pas de salarié !

Oui, et sans salarié, pas de patron.

Mais il faut bien qu’ils soient rémunérés sur les risques qu’ils prennent, tout de même.

Qu’ils perdent ou qu’ils gagnent, ils encaissent. Où est la prise de risque ?

Bien écoutez, ne comptez pas sur moi pour ennuyer ces gens-là. Je leurs doit tout ! Ca fait trente années que je leurs lèche les bottes !

Pourtant, pendant la campagne, vous avez assuré que dès l’été 2008, vous feriez une loi pour encadrer les rémunérations des grands patrons.

J’ai dit ça moi ? Ah, c’est exact. Mais c’étaient les élections. J’ai même dit que je sauverais l’usine de Gandrange et plein d’autres trucs pour caresser le populo dans le sens du poil. Ils m’ont cru ces cons ! Et ils m’ont élu !

Vous aviez aussi promis que ceux qui travailleraient plus, gagneraient plus.

Et alors ?

Le chômage repart à la hausse et les heures sup défiscalisées semblent accroitre le problème. Par ailleurs, la défiscalisation à outrance, notamment de l’héritage, engendre une classe dominante digne de la noblesse de l’ancien régime. Parmi le dix plus gros fortunés de France, par exemple, huit sont des héritiers qui ont le seul mérite d’être bien nés.

En fait grâce à vous, non seulement le travail ne permet pas toujours de gagner assez d’argent, puisqu’il y a de plus en plus de travailleurs pauvres. Mais en plus, l’héritage et la spéculation sont les meilleurs moyens de s’enrichir.

En fait, il n’y a plus que l’argent qui travaille ! Ah, ah, ah !

Vous n’avez pas peur pour la fin de votre mandat ?

Très sincèrement, pas encore. Bien que j’ai de plus en plus de mal à faire diversion. J’ai tenté de faire peur avec les terroristes d’ultra gauche et Julien Coupat qui est toujours en taule alors que son dossier est vide.

C’est un prisonnier politique pour délit d’opinion en quelque sorte ?

Vous savez quand on a dépensé des sommes d’argent phénoménales pour surveiller une bande de jeunes anarchistes vivants en communauté dans un village retiré, en espérant qu’ils passent à l’acte et que rien ne se passe, il faut bien finir par rentabiliser toute cette débauche de moyens.

Et faire trembler dans les chaumières : Attention ! Terroristes ! Mais ça n’a pas marché ?

Oui, et on ne peut pas le relâcher trop tôt, vous comprenez.

C’est pour cela que vous avez cherché ensuite à appliquer les bonnes vieilles recettes démagogiques ?

C’est exact. Je me suis dit « Tapons sur les jeunes des banlieues ! Ca, ça paye à chaque fois ! » Suite à une bagarre géante, j’ai convoqué mes télés et mes journalistes pour annoncer une nouvelle loi anti-bandes.

Des juristes disent que tout ce qu’elle contient est déjà prévu par d’autres lois.

Mais on s’en fou ! Ce qui compte, c’est l’effet d’annonce ! Malheureusement, j’ai fait un bide. Il semble que les français se laissent de moins en moins bernés par ma propagande.

Alors, que faire ?

Je pense que j’ai assuré au sommet de l’OTAN !

Ah bon ?

Ben oui, je savais qu’il y avait des groupuscules violents qui voulaient en découdre. Et je leur ai laissé le champ libre pour qu’ils s’amusent. J’ai bouclé toute la ville de Strasbourg, sauf le quartier pauvre (vaut mieux qu’ils cassent chez les pauvres, ces gens-là ne votent plus pour moi). J’ai bloqué la manif pacifique. Ça a fait monter la pression. Les blacks machins ont tout pété. Pas d’intervention des forces de l’ordre. Ça a fait des super images de violence et d’incendie au 20 heures de TF1 et affolé le français moyen. J’ai ensuite prononcé un super discours. Je crois que j’ai regagné des points.

Mais pour combien de temps ?

C’est cela qui m’inquiète. Je me maintiens dans les sondages mais il y a de plus en plus de monde qui m’en veut à mort. Et la reprise n’est pas pour demain.

Et vos ministres ne sont pas excellents.

Non, mais ça c’est fait exprès.

Ah bon ?

Mais oui, je veux que les français croient que je mène la barque seul comme un super héros politique en quelque sorte.

Un dieu vivant ?

Oui, j’aime bien l’image. Un mec omniscient, omnipotent omniprésent…

Omni-président.

Ouais… un mec qui décide de tout avec des sbires chargés d’appliquer sans réfléchir.

Comme Rachida ?
Par exemple. Donc la meilleure manière de briller étant de s’entourer d’imbéciles arrivistes…

Je comprends mieux. Et les réformes ?

Quelles réformes ?

Ben…les réformes…

Ah ! les réformes !

Oui ! les réformes.

Ouais, j’avais tout d’abord essayé le mot rupture pour faire croire que tout allait changer. Mais finalement j’ai opté pour le terme de réforme. Ça fait plus moderne, moins révolutionnaire.

Mais concrètement.

Quoi concrètement ?

J’ai l’impression que rien ne change et que ce que vous appelez réforme, ce sont des mesures destinées à casser le système de cohésion sociale en dressant les uns contres les autres.

Oui c’est ça : le privé contre le public, les français contre les étrangers, les travailleurs contre les chômeurs, les vieux contre les jeunes…..

Plus sérieusement. Le rapport de la distribution de la richesse entre le travail et le capital a vraiment dérapé au profit du capital, tout de même.

Et alors ?

Il y a neuf pour cent de cette richesse produite qui allait vers le travail et qui désormais va vers le capital.

Et alors ?

Rien que pour la France ça représente 120 milliards par an au minimum.

Et alors ?

Et bien ça fait 10 fois le trou de la sécu, par exemple. Il suffirait de retourner vers une répartition plus égalitaire de la richesse produite pour supprimer presque tous les problèmes liés à la pauvreté, qui engendre l’insécurité des franç…

Mais vous avez vu ça où, Peimpourte ?

Ben…c’est l’histoire économique qui le dit. Ce glissement de 9 % de la richesse perdue par le travail au profit du capital s’effectue depuis une trentaine d’année. Depuis l’aire Reagan, Tatcher, Mitterand.

Et alors ?

C’est depuis la mondialisation ultra-libérale.

Et alors ?

Ça marchait mieux avant.

C’est vous qui le dîtes.

Non, ce sont les chiffres. Pendant les « trente glorieuses », par exemple, ça fonctionnait mieux. Alors que les revenus les plus élevés étaient taxés à plus de 70 %, y compris au USA.

Bon, on ne va par rentrer dans les détails ! J’ai toujours défendu l’idéologie ultra-libérale à l’anglo-saxonne. Si on m’avait laissé faire, j’aurais autorisé en France les prêt hypothécaires exorbitants qui ont engendré la crise des subprimes à l’origine du Krach mondial que nous vivons. Mon seul objectif a toujours été de faire de l’argent et de laissé faire le système boursier faire du pognon coûte que coûte. Je n’ai rien vu venir de la crise d’un système que j’ai encensé durant des années. Pourquoi voulez-vous que je sois l’homme de la situation pour changer les règles alors que je suis de ceux qui ont aidé à provoquer la catastrophe. Autant demander à un pyromane d’éteindre le feu !

En effet.

Cela dit. Cette merde que j’ai contribué à chier, ne comptez pas sur moi pour la nettoyer ! Je vais plutôt la faire bouffer à ceux qui y sont, dans la merde ! C’est clair !!!

Très clair…

Et si ça pète, je me tire ! Quand ça a pété en 1789, Louis XVI n’avait qu’un carrosse et il fut rattrapé à Varennes. Moi je m’en branle, j’ai le jet de Bolloré !

Mais s’il n’y a plus de Kérosène ?

L’apocalypse aura lieu avant la fin des stocks.

Comment cela ? L’apocalypse ? Ne me dîtes pas que vous croyez à ce genre de prophétie morbide ?

C’est pourtant vrai ! Tous les calendriers millénaires l’affirment. Le maya, le tibétain, le chinois… Tiens ! Même le calendrier républicain français annonce l’apocalypse !

Ah bon ?

Et oui : en 2012 C’EST MA REELECTION !!!!!


Pour en savoir plus sur les transferts de répartition de la richesse, lire l’excellent livre de François Ruffin : La Guerre des Classes.

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