||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

PADAWACO’ / MC FLY CLAN

Il devenait urgent de réunir ces deux monstres de la scène funk, amis à la scène comme à la ville, McFly Clan auteur d’un premier album "Onion Invasion" sorti en 2006 et Padawaco qui vient de sortir son tant attendu "Plan B". S’ils restent des groupes absolument différents ils ont tout de même un point commun : le funk et surtout l’amour de la musique. C’est donc dans un climat bon enfant aux allures de colonie de vacances que nous avons pu rassembler Eric (basse, chant) , Richard (percussions, chant) et Nacim (saxophone, clarinette, choeurs) du groupe Padawaco et enfin Pierre (chant, trompette), Morgan (basse) et Charlie (guitare) du groupe Mc Fly Clan entre fous rires, réelle discussion et échange d’idées. Ambiance.


Mz : Padawaco, comment définiriez-vous la musique des Mc Fly ?

Eric : C’est du p-fonk mélangé à une espèce de flow rap qui donne une sauce mcfly inimitable avec des musiciens de talent, performants chacun dans son instrument. Dans tout ça se dégage un esprit bien personnel que je qualifierais de p-fonk sauce oignon. Voilà à vous (rires).

Mz : Justement vous les Mc Fly comment définiriez-vous la musique de Padawaco ?

Morgan (hésitant) : Pas facile de passer après toi ! Ouais ben je sais pas en fait comment on pourrait définir ça, c’est très particulier, déjà c’est une expérience à vivre... (rires)

Eric : Ouais ben je crois qu’on va passer à un autre mec là.... (rires)

Charlie : Eh bien je pense qu’on peut déjà leur retourner le compliment. Ce sont des musiciens de talent et effectivement c’est une expérience à vivre.

Pierre (hilare) : C’est con eux ils disent des trucs super bien sur nous et on est incapables de parler de leur musique, mais on vous aime bien quand même, j’ai tous vos albums (fou rire général).
Plus sérieusement c’est une musique conceptuelle, un trio pas conventionel surtout dans cette configuration là : percussion, basse et sax. Les voix sont très bonnes. Il y a pas vraiment de style musical même si c’est relativement funk dans l’esprit et dans la musique aussi. En vrai c’est bien mais c’est pas facile à expliquer.

Charlie : D’ailleurs ça a été nommé très justement funk’n tribe.

Mz : Les Mc Fly vous appartenez à un collectif : le Ram-Core Posse, pouvez-vous nous parler de l’action de ce collectif ?

Pierre : Ben en fait c’est plus trop d’actualité parce que la plupart des groupes ont soit splitté ou alors font plus parti du truc, en fait on est quasiment le dernier groupe. Mais on est en train justement de monter un autre collectif avec entre autre Padawaco, Madame Tourneau, First Part, Almost From DC, Bandini et qui s’appelle le Tata Power Club. On est entrain de monter ça pour promouvoir les groupes et surtout faire en sorte que les groupes grandissent.


Mz : On parle souvent d’une scène française représentée essentiellement par la variété. La scène rock reste underground, quand est-il de la scène funk en France ?

Eric : La scène funk française n’est pas médiatisée mais elle existe bel et bien. Il y a du très très bon niveau notamment dans la région (Ile-de France, ndlr) y’a quand même du lourd. Les McFlan sont là déjà pour représenter le funk traditionnel, il y a aussi les Gréement de Fortune et Juan Rozoff.

Pierre : Ouais Gréement de Fortune passe même à la télé maintenant, c’est devenu le groupe d’Ardisson.

Eric : Dans le dérivé funk il y a aussi The Latitudz, qui est branché hip-hop, mais ça reste du funk dans l’esprit.

Pierre : On t’a parlé des deux gros groupes de funk en France et d’un groupe de copains (The Latitudz,ndlr).

Eric : Il y a un public en tous les cas. Au Café de la Plage (Maurepas 78) par exemple, le concert de Juan Rozoff a fait venir beaucoup de monde.


Mz : Quel regard critique portez-vous sur la musique en France ?

Morgan : Perso j’ai rien à dire, il y en a pour tous les gouts.

Pierre : La musique française moi ça me passe au dessus...

Nacim : On écoute beaucoup de groupes étrangers et pas forcement actuels.

Richard : Il y a plein de groupes bien en France quand même, on en découvre beaucoup avec myspace, la plupart sont underground.

Mz : Padawaco votre premier album vient de sortir, vous les Mc Fly le vôtre est sorti il y a un an et demi, quel impact cela a-t-il eu ?

Pierre : Ca a pas changé grand chose en fait, on a joué autant avant qu’après, dans les mêmes endroits, avec nos copains.

Charlie : Le but c’était d’avoir un moyen de promotion, avoir quelque chose à envoyer pour démarcher, on en a vendu quelques-uns aussi et même des mp3 sur internet, en Australie notemment. C’était l’aboutissement de quelque chose, il nous a donné envie d’en faire un deuxième.

Mz : Vivre de la musique en France pour vous c’est un rêve illusoire ou quelque chose de possible ?

Eric : C’est l’apprentissage des connaissances et des concessions. Si tu veux vraiment être bien dans ton instrument avec tes connaissances il faut quand même faire pas mal de concessions. Tu peux pas essentiellement vivre de tes trips, t’es obligé de passer par des choses qui te plaisent un peu moins musicalement pour justement vivre tes trips.

Richard : En tout cas on vit par la musique, après en vivre de ça reste grave tendu c’est clair. Après sur un malentendu ça peut marcher mais c’est un peu de chance, beaucoup d’efforts et un peu de talent quand même. Je pense qu’on est quand même dans le trip de faire en sorte de mais on peut pas tabler là-dessus ça c’est clair.

Eric : Ouais l’interim va faire parti de notre vie !

Nacim : Tu es toujours obligé de faire des cachets faciles purement alimentaires pour vraiment pouvoir triper dans ta musique.

Eric : On est conscients qu’on vivra jamais uniquement de notre musique sans faire de l’alimentaire, des cachets faciles.

Pierre : On a joué un jour avec un duo et la fille se vantait d’être une artiste, de vivre de sa musique et quand on a parlé avec elle on s’est rendu compte qu’en fait elle faisait du "baloche" tous les samedis soirs, tu sais des concerts pouraves. Elle se vantait d’être une artiste mais franchement moi ça me ferait chier de faire du "baloche" je préfère aller pointer à l’usine.

Eric : Ouais à ce niveau là t’es plus artiste, t’es employé pour fournir quelque chose, une reprise ou quelque chose comme ça. C’est plus tellement le même domaine, t’as des compétences que tu mets comme ça en place mais ça n’a rien à voir avec le côté artistique c’est juste de la reproduction.

Mz : Maintenant que vous avez sorti votre premier album, pour vous l’essentiel se trouve ou ? Dans le studio ou sur scène ?

Charlie : C’est pas du tout la même chose déjà. Nous on a qu’une toute petite expérience du studio puisqu’on a sorti qu’un seul album alors que les concerts ça fait pas mal de temps qu’on en fait assez régulièrement. Le concert c’est quelque chose qui se vit sur le moment alors que l’enregistrement ça se réfléchit avant, ça se fait sur un laps de temps assez court et après ça se retravaille.

Pierre : Le studio ça laisse une trace, c’est un instant T, un instant précis de la vie d’un groupe. L’enregistrement c’est une photo auditive, putain c’est beau ça il faut le garder (rires).

Eric : Pour moi c’est une question d’impact. La différence c’est que pour le live l’impact sera moins long alors que l’album sera là eternellement. Le live c’est du précis, c’est de l’instantané, l’album c’est du continu.

Morgan : Quand tu enregistres un album tu as toujours quelque chose à retravailler, il arrive un moment ou il faut passer à autre chose.

Nacim : Au-delà de la préférence, les deux ont leur intérêt, il y a beaucoup de différences mais les deux sont complémentaires. L’album est necessaire pour démarcher.

Morgan : Du studio au live tu joues tes morceaux differemment déjà. Il y a des morceaux qu’on a fait sur l’album et qu’on a modifié pour la scène.

Richard : Le live c’est quand même une source de plaisir, dans le fait d’enregistrer un album il y a peut-être une notion un peu plus utilitaire.

Eric : Je pense que pour tous la motivation principale se situe au niveau du live.


Mz : Padawaco avez-vous déjà eu l’idée de vous déguiser sur scène ?

Eric : On aimerait tellement mais on aura jamais la même présence que les McFlan (rires). En même temps on aura jamais eu l’idée de découper un drap (rires) (le déguisement scénique de Pierre, ndlr)

Nacim : Déjà par rapport au style de musique, je pense que ce serait plus difficile pour nous de trouver les déguisements adéquats. On y a réfléchi, on en a déjà parlé mais c’est super dur de se définir en tant que personnage par rapport à la musique qu’on fait.

Eric : C’est quelque chose de très personnel. Nous trois on est restés très personnel par rapport à ce qu’on fait. Nacim au sax est beaucoup plus retenu plus jazzy alors que Richard est plus excité. Du coup c’est super dur de créer un concept global et de créer un déguisement qui corresponde à chacun.

Richard : On a quand même pas mal galéré à trouver une cohérence entre la musique, nos attitudes scéniques et le décor. On a fait le choix du décor plutôt que les déguisements et on pense avoir trouvé quelque chose de cohérent justement, quelque chose qui colle.

Pierre : Le décor c’est justement une forme de déguisement, c’est une ambiance.

Morgan : Ouais ça crée un univers.

Charlie : Il y a une sorte de côté intimiste qu’ils ont créé et qui est cohérent. Déjà ils ne sont que trois, il n’y a pas de vraie batterie, il y a du bois, une plante verte, un éclairage très orangé. C’est un autre délire que le déguisement.

Richard : On se retrouve parfois esseulés sur scène parce-qu’on est que trois, donc c’est vrai que parfois ça peut paraître vide. Au départ on a pas forcement tous les trois des personnalités extraverties de ouf donc on a cherché à combler ce vide sans faire du remplissage. On a donc opté pour les apparats avec le décor, et les lumières.


Mz : Vous faites souvent des concerts ensemble, avec un style bien différent comment se passe l’accueil du public ?

Pierre : Eux ils jouent en premier et nous on casse l’ambiance ! (fou rire général)

Richard : Ou l’inverse ça dépend qui a bu en premier.

Nacim : Le public est là pour écouter du funk donc je pense qu’ils sont ouverts à nos deux styles différents.

Richard : Je pense qu’on a à peu près le même public. Nous personnellement on aime beaucoup ce que font les McFlan et eux kiffent notre son alors y’a qu’à espérer que le public fasse comme nous (rires).

Pierre : Ouais c’est vrai j’aime bien ce que fait Padawaco, j’aime beaucoup la musique des Balkans en fait. (rires).

Mz : Quels sont vos projets pour le futur ?

Pierre : Ben nous on va enregistrer un nouveau truc bientôt, un EP comme disent les américains.

Richard : Tu sais ce que veut dire EP au moins ?

Pierre : Ouais ça veut dire extended play et Lp c’est long play.

Richard : Ah il est très fort (rires)


MZ : Padawaco vous êtes soutenus aujourd’hui par le CRY (Centre de Ressources Yvelinois pour la musique). Qu’est-ce-que cela vous apporte ?

Richard : C’est un accompagnement artistique qui nous apporte des formations aussi bien administratives que musicales ou scénographiques. Ca nous a permis de caler une résidence pour la mi-novembre à la Clé des Champs à Plaisir (78) qui a bougé recemment à l’Espace Coluche. On a un soutien promotionnel qui nous a apporté des concerts aussi. On a participé à la compil 18 titres Yvelive. On en mesure pas encore forcement les effets car on est encore dedans et que ça se termine bientôt.

Eric : Mine de rien ça t’apporte pas mal de trucs, qu’il faut savoir utiliser à fond comme des formations qu’on aurait jamais eu si on était restés seuls, à moins de les payer.

Mz : Beaucoup s’accordent à dire que le public parisien est très dur, voire froid, un brin intello. Vous qui habitez en région parisienne et qui avez souvent l’occasion de jouer sur la capitale et en dehors, quel est votre sentiment ?

Pierre : Je l’ai souvent entendu mais je l’ai jamais vécu. Remarque au football c’est pareil (rires).

Richard : On a pas eu forcement de mauvaises expériences à Paris par contre on a eu des putains de bonnes expériences en province.

Eric : Il y a un public à Paris qui est focalisé sur Paris et qui bougera jamais. (s’adressant à Pierre) : Arriver à faire bouger des parisiens en banlieue comme vous pouvez le faire par le biais d’internet ça reste quand même une petite performance. Le public parisien reste fermé sur Paris.

Pierre : Ouais c’est vrai qu’à Paris le public est parisien. On est copains avec un site internet qui s’appelle www.Funkhome.com. C’est un forum qui a pris de l’ampleur, c’est le site de funk en France qui a le plus de participants, qui est le plus vivant. L’idée leur est venue de faire des soirées et de faire un groupe avec les membres du forum, c’est donc un grand mélange avec des professionnels, des amateurs qui viennent de toute la France. C’est un grand groupe on est 25-30, à chaque soirée organisée on a fait le plein.

Morgan : On arrive finalement à trouver des parisiens qui n’ont pas peur de faire des bornes, ce sont des passionnés.

Richard : Ca c’est l’esprit province.

Eric : Il faut reconnaitre que les gens en province sont plus ouverts, plus chaleureux. C’est moins prise de tête, c’est plus interressant.

Pierre : C’est bizzarre moi j’ai jamais ressenti de différences. Je me souviens un jour, on est partis jouer dans les Ardennes, la veille on avait un plan pour jouer à 50 km, l’organisateur au dernier moment a annulé la date parce-que c’était trop près. A Paris c’est vrai que les gens bougent pas, ils attendent que ça vienne.

Morgan : Tu t’attendais pas à ce que la dernière question dure une heure hein ?!! (rires).

Pierre : Ouais et puis vu qu’on est pas d’accord et ben on va continuer... (rires)

Liens web : www.myspace.com/mcfclan
www.padawaco.com

Un grand merci à Padawaco et aux McFly Clan pour leur disponibilité

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