||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

MAARTEN

Formé à la fin des années 90 à Rouen, Maarten sort son premier album en 2005 et se renouvelle cette année avec un nouvel opus. Nouveau disque, nouveau producteur et nouvelle direction. Jason Lytle (ex Grandaddy) a fait des merveilles sur ce disque rock, pop, sombre. Le groupe signe ici un petit bijou qui pourrait assez rapidement asseoir le groupe sur la notoriété qu’il mérite. Quelques jours après la sortie de "My favorite sheriff", rencontre avec Wilfried Scheaffer (chant) qui raconte avec émotion la collaboration de son groupe avec ce monstre sacré de l’indie rock.

Mz : Deux albums en presque dix ans, peut-on dire que Maarten prend son temps ?

W : Non pas vraiment. En fait l’album de 2005 a été fait en 2004, il a donc fallu attendre un an avant de trouver un deal avec une maison de disque qui le sorte. On a ensuite composé le deuxième assez rapidement. Et là même chose, il a fallu attendre de trouver un producteur, attendre que Jason accepte de bosser avec nous, tout ça a pris du temps. On bosse pas mal en fait, là on est déjà en train de bosser sur le prochain. C’est le milieu musical qui veut ça, ça prend du temps.

Mz : Comment s’est passée la rencontre avec Jason Lytle ?

W : On lui avait envoyé des maquettes qu’il avait beaucoup aimé, ensuite il a fallu attendre que les maisons de disque se mettent d’accord, et qu’il en parle avec son manager, donc ça a pris du temps. Le jour ou on l’a vu à l’aéroport de Paris, on était un peu fébriles on s’est dit "ça y est il est là" (rires). Ensuite tout s’est super bien passé, c’est vraiment un mec adorable qui n’a pas du tout la grosse tête. On a passé deux semaines au Havre dans le home studio et ensuite on est allés chez lui. Sur les cinq semaines passées ensemble c’était que du bonheur. Au niveau boulot c’était une super ambiance, il amenait des idées, on en apportait aussi, et humainement c’est un bon-vivant, nous aussi on aime bien se marrer donc ça s’est très bien passé.

Mz : Vous êtes-vous partagé le travail ou était-il seul aux commandes ?

W : Les maquettes étaient assez abouties déjà, les chansons étaient écrites, on avait commencé à faire des arrangements avec les cordes, les claviers et les cuivres qu’on peut retrouver sur l’album. En fait il n’a pas touché aux chansons, il a mis sa patte sur la façon d’enregistrer les guitares et le chant. Il voulait que le chant soit nickel car il considère que le chant est la première chose qu’on écoute. Il s’est beaucoup investit dans le projet avec sa recette d’enregistrement à lui et nous on lui a fait entièrement confiance.

Mz : Etait-ce important pour vous de travailler avec un producteur américain ?

W : Au départ on cherchait un producteur anglais ou américain parce-qu’on chante en anglais. Le premier album est auto-produit donc c’est nous qui avons tout fait, pour celui là on voulait quelqu’un qui ait un peu de recul sur ce qu’on fait. On voulait une personne qui apporte une autre vision sur notre musique. Jason a mis des choses en avant que nous on n’aurait pas forcement pensé faire. Son oreille et son recul nous ont vraiment permis de progresser. C’est lui egalement qui s’est occupé du mix, il s’est vraiment investit du début à la fin.

Mz : Le fait d’avoir travaillé chez lui dans le Montana, vous a-t-il inspiré ?

W : Quand on est partis là-bas, pas mal de choses étaient déjà enregistrées, on avait déjà bien bossé quand on était sur Le Havre. Aller chez lui dans Le Montana c’était super, c’est que des grands espaces entourés de montagnes donc quand tu sors de la maison, tu respires une grande bouffée d’air frais et ça fait beaucoup de bien quand tu travailles beaucoup. En plus on a rencontré ses potes, on allait boire des coups avec eux, c’était vraiment une super ambiance de travail.


Mz : Avez-vous des concerts prévus aux Etats-Unis ?

W : Pas encore ils sont entrain de chercher un deal pour que le disque soit distribué là-bas. Après j’espère qu’on pourra y aller. Pour le moment le disque sort en France et au niveau de la presse ça se passe bien. Mais on reste un groupe français qui chante en anglais donc on va jamais atteindre des sommets.

Mz : Jason Lytle étant musicien, avez-vous envisagé de jouer ensemble ?

W : Il a finit Grandaddy quelques mois avant qu’on enregistre avec lui, pour lui c’est vraiment fini, il ne reviendra pas dessus. Là il commence à bosser sur un album solo donc on s’est proposé de jouer avec lui au cas ou il chercherait des musiciens (rires). Il n’est plus dans le trip grosse tournée à faire le tour du monde dans un tour-bus. Je pense qu’il a envie de faire un beau disque et de le défendre sur scène juste pour une date ou deux mais pas plus. Avant il habitait Modesto en Californie et il s’est barré dans le Montana car il est dans le trip nature. Il est vraiment bien là-bas, dans son élément donc j’ai un peu peur qu’on ne le revoit pas de si tôt, du moins en Europe.

Mz : Finalement, vous avez eu un coup de chance qu’il accepte de travailler avec vous, qu’il sorte de sa tanière en quelque sorte ?

W : On en revient toujours pas. On avait une liste de producteurs et c’est le mec qui dirige Boxson qui nous a proposé de travailler avec Jason. On y croyait sans y croire, on l’a rencontré une première fois à Paris mais il était en pleine dépression car il venait de finir avec Grandaddy et il ne savait pas ce qu’il allait faire.

Finalement après quelques temps il a accepté de bosser avec nous. Je me souviens quand on a reçu l’email, on a fêté ça. C’est le premier disque qu’il produit hors Grandaddy donc on est très honorés surtout qu’on est tous fans de ce groupe.

Mz : Maintenant que l’album est en boîte, comment appréhendes-tu la tournée ?

W : Si il y en a une déjà (rires). Je l’appréhende assez bien car on a fait quelques dates et ça s’est vraiment bien passé. Quand on a fait cet album on savait qu’on voulait faire quelque chose de très différent du premier qui était vraiment acoustique avec un ensemble de cordes très Elliot Smith et Nick Drake. C’était pas toujours facile de le défendre sur scène, dans une petite salle avec des gens qui connaissaient les morceaux ça se passait super bien mais les premières parties de groupes différents de nous là c’était un peu plus délicat. Donc pour cet album, on voulait faire quelque chose qui soit plus facile à défendre sur scène, plus rock même si ça reste très pop. On voulait plus de guitare electrique, pouvoir se lâcher sur scène, prendre du plaisir, parce que sur le premier album ça restait des chansons très calmes ou on restait très concentrés. Sur celui-là au moins on peut sauter partout même si c’est pas encore gagné (rires).

Mz : Si tournée il y a, avec quels groupes souhaiterais-tu tourner ?

W : Il y en a beaucoup. Des potes de Rouen qui sont Tahiti 80, on aime bien Syd Matters, Calc, toute cette mouvance. Si on arrive à faire la première partie de groupes américains comme Sparklehorse ou Blonde Redhead on serait les plus heureux du monde. Deus arrive si on peut jouer avec eux ce serait classe.

Mz : Retour à l’album. Etant très différent du premier, peut-on parler de nouveau départ ?

W : Je sais pas si on peut vraiment parler de nouveau départ mais plutôt de continuité, d’évolution naturelle. On voulait pas refaire le même album donc je pense que sur le prochain on va essayer de faire encore un truc différent, on essaie d’explorer chaque fois des nouvelles choses. Et puis l’écoute de groupes influence obligatoirement donc chaque fois qu’un nouveau groupe arrive il influence consciemment ou inconsciemment tes futurs trucs.

Mz : Pour le prochain album alors, avez-vous pris encore une nouvelle direction ?

W : On essaie de faire des jolies chansons avant tout, des jolies mélodies. Les nouvelles chansons commencent à peine à être écrites donc je sais pas encore à quoi ça va ressembler d’autant qu’on a des nouveaux musiciens qui travaillent avec nous maintenant, le but étant de les faire participer à la création. Donc ça va forcement changer la donne, et plutôt en bien parce-que ça se passe super bien avec eux.

Mz : On parle d’un marché du disque qui en est en berne. Dans quel état d’esprit es-tu pour la sortie de"My favorite Sheriff" ?

W : Je m’enflamme pas. En fait on est tous super contents de l’album et d’avoir travaillé avec Jason. Donc ce qui va se passer après c’est du bonus. Si ça marche un petit peu, si on arrive à être connus même un tout petit peu, si ça nous ramène des concerts on sera contents. Mais on sait aujourd’hui que le marché du disque est une catastrophe donc il faut tourner un maximum. On est super contents d’avoir fait ce disque et on espère pouvoir en refaire un dans les mêmes conditions. On ne s’attend pas à devenir millionnaires, il ne faut plus rêver maintenant, on est plus dans les années 60. (rires)

Mz : Qu’avez-vous appris en enregistrant ce deuxième album ?

W : Qu’il faut tout essayer. On a fait des prises qu’on aurait jamais pensé faire. Notre ingé son qui était là a halluciné sur ce que Jason nous demandait de faire des fois, lui-même n’y aurait jamais pensé. Lui, dans son expérience de boulot a beaucoup appris tout comme nous. Nos prochaines maquettes on les fera différemment d’avant. Grâce à Jason on sait désormais prendre des risques, tenter des choses et plus faire de manière académique avec seulement un micro devant la guitare.

Mz : Jason Lytle a écrit une très belle lettre, émouvante concernant votre collaboration. Si tu devais lui répondre en une seule phrase, que lui dirais-tu ?

W : Merci pour tout et j’espère de tout coeur qu’on pourra le refaire car c’était monstrueux, et si on peut le refaire on résigne tout de suite.

Label : Boxson/Mvs records
Liens : www.maartenpopband.com

Photo © Maarten

Un grand merci à Wilfried et Lucie Papelier de MVS Records

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