||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Les subprimes expliquées à ma fille

On peut vraiment se poser la question. l’économie est elle une science occulte ??? Vous avez remarqué que ce sont les mêmes économistes médiatiques officiels, les Jm Sylvestre and co, qui n’avaient rien vu venir et qui vous expliquent aujourd’hui sans honte ni gène les vrais raisons des soubressauts boursiers qui font trembler la planète pognon. Ce sont bien les mêmes adeptes de l’ultralibéralisme qui prônent des dérèglementations tous azimuts pour laisser agir les forces vives du marché qui a toujours raison, qui réclament aujourd’hui un chouilla de moralisation et de réglementation.

« laissez-nous faire du business sans entraves et faire du blé sans limites, » prêchaient-ils jadis. Mais aujourd’hui que les milliards virtuels disparaissent par banques entières, ils demandent aux états bienveillants de mutualiser les gouffres de pertes, pour sauver le monde des golden boys. Traduisons en langage simple : « On veut garder les bénéfices quand il y en a, mais c’est vous chers citoyens contribuables qui viendrez éponger nos dettes ». Et le pire c’est que ça marche !!! Les gens honnêtes paieront donc pour les gangsters de la finance qui opèrent en toute légalité. De nos jours, il est plus dangereux de rouler à 60 kms heure en agglomération ou de voler une mobylette, que d’encaisser des millions d’euros dans un délit d’initié. JJ Rousseau disait un truc dans le genre : « si les lois furent crées pour protéger le faible des appétits du fort, on constate qu’elles préservent surtout le fort, des revendications du faible ». Pas con, le Jean-Jacques !

Avez-vous remarqué que les milliers de commentaires éructés, les milliers de pages noircies depuis le début de la crise des subprimes, n’ont rien changé : VOUS N’Y COMPRENEZ TOUJOURS RIEN OU PRESQUE. Je vais vous confier un petit secret : c’est fait exprès. C’est pour que vous soyez près à passer à la caisse par Etats interposés, sans trop de douleur. La secte des économistes, c’est un peu comme un clergé, une caste religieuse qui expliquera tout et son contraire car son rôle véritable est de vous faire avaler des couleuvres en vous abrutissant de théologies économiques (qui n’ont rien a envier aux dogmes de l’immaculé conception ou encore, de la Trinité) ; et destinées à vous faire comprendre que vous êtes trop bêtes pour comprendre et donc, laissez faire les spécialistes !

Car l’économie ça s’apprend dans les grandes écoles de business comme la théologie s’apprend au séminaire. Et qu’on parle de finance ou de Dieu, dans les deux cas il s’agit de spéculation.

Comme la religion vous demande de vivre l’enfer sur Terre pour gagner le Paradis au Ciel, le libéralisme vous demande de perdre votre vie à la gagner pour en profiter lorsque les jours meilleurs seront là, avec des énormes pourcentages de croissances et des progrès techniques insoupçonnés, lorsque les téléphones portables prendront la tension artérielle et feront couler le café ! Les économistes sont des religieux déguisés en scientifiques qui chantent l’espérance, mais en attendant vous allez encore en chier sur Terre. Une question s’impose : A qui profite le crime ? Première constatation historique : Une foi établie, la religion se range toujours du côté des puissants. L’économiste officiel aussi.

« Quand il s’agit d’argent, tout le monde est de la même religion, » selon Voltaire. Il est vrai que les trois % d’humanité qui tiennent les ficelles financières du monde ultralibéral, de la famille Bush à la famille Ben Laden, dégustent les mêmes petits fours, dans les mêmes conseils d’administrations de la planète économique.


Contrairement à ce qu’il veut faire croire, l’économiste n’est jamais neutre : il est très orienté. Sont raisonnement n’est jamais scientifique mais idéologique. L’ultralibéralisme c’est comme le communisme en moins pire… pour le moment. D’ailleurs, on constate que tous les ultralibéraux ventent le grand Etat communiste qu’est la Chine et qui est devenu le paradis capitaliste. L’ennemi du libéralisme épanoui serait-ce la Démocratie ? On constate encore que lorsqu’il parle du travail, l’économiste parle de coût du travail. Le travailleur n’est plus une richesse mais un coût encombrant qu’il faut réduire. L’économiste veut par exemple recycler les fonctionnaires. Ainsi, les fonctionnaires sont devenus des déchets à recycler, tout comme les vieux coûteux et peu productifs. L’économiste n’aime pas l’humain car l’humain est désormais handicapant pour l’économie. Seul le consommateur est un humain enrichissant. L’économiste s’affole du trou de 9 milliard de la Sécu. Pourtant, est-ce bien si grave, quand on s’aperçoit que la Société Générale peut se permettre de perdre 5 milliard en placement douteux, sans que ça lui fasse trop mal au cul ! L’économiste est un organe de propagande au service de sa chapelle. On ne mord pas la main qui nous nourri. L’économiste libéral est un idéologue efficace qui, sans en avoir l’air, fait rentrer des contrevérités dans nos cervelles. Un exemple ? Nombreuses sont aujourd’hui les ouailles qui pensent que l’Etat doit se gérer comme une entreprise, puisqu’il en est une (cadeau empoisonné d’économiste).

Quel est le but d’une entreprise ? Gagner de l’argent. Ce n’est pas un défaut et même une qualité. C’est son boulot, c’est ce qu’on lui demande et c’est très bien. Mais prenons le cas d’une fabrique d’armes : plus il y aura de guerre et de conflits, plus elle vendra d’armes et plus elle gagnera de l’argent. Peu importe les conséquences ? Un fabriquant d’automobiles : plus il y aura de routes et d’accidents pour il vendra de voitures et gagnera de l’argent. Peu importe les conséquences ? Un fabriquant d’OGM : plus il y aura de champs cultivés et plus il vendra de semences… Un marchand de soda, un marchand de pesticides, de cigarettes, un bétonneur…on comprend bien que l’intérêt d’une entreprise lui est propre et qu’en aucun cas il ne saurait épouser, remplacer les intérêts multiples d’une nation. Le monde est il une entreprise dont le but serait de faire de l’argent, de la croissance à tous prix ? Non. Les entreprises ont besoin de carcans législatifs pour éviter qu’elles ne soient livrées à elles-mêmes et à leur but ultime : faire de l’oseille à tous prix. Et c’est à l’aune des déréglementations que l’on mesure aujourd’hui la nonchalance coupable des politiques.

Alors c’est quoi au juste les Subprimes ? Si par bonheur, j’ai un petit capital d’économies, un petit héritage défiscalisé, le banquier, mon ami, me proposera de le faire travailler. (C’est malheureux, mais il n’y a plus que l’argent qui travaille dans notre bas monde). Mais attention, pas un vulgaire livret A, qui rapporte peau de balle. Non, le banquier avisé à de multiples produits défiscalisés (l’Etat est son complice) qui me rapporteront des 7, 8, 10% et plus ! Quelle aubaine penserais-je, il est sympa le banquier. Me demanderais-je comment fait l’argent pour travailler si dur ? C’est entre autre grâce aux….SUBPRIMES

Aux Etat-Unies, le pays le plus riche du monde, il y a pleins de pauvres qui n’ont pas les moyens de s’offrir des maisons, par exemples. Donc, il y a des banquiers qui proposent aux pauvres de l’argent, mais avec hypothèque et surtout, des taux d’intérêts usuriers atteignant 18 pour cent. Le pauvre est très content de payer très cher toute sa vie sa maison (de toute manière, il n’a pas le choix). Et le banquier ? il est super content !!! Si le pauvre rembourse, il encaisse à mort. Si le pauvre ne paye pas, il récupère la maison qui aura pris de la valeur car, comme en France, les prix de l’immobilier grimpent à mort (enfin…grimpaient), et donc, il encaisse encore à mort. Ce n’est pas très moral tout ça, mais la morale et les affaires font rarement bon ménage. Et puisqu’il faut tout déréglementer, tout est parfaitement légal. Et si ce n’est pas lui qui le fait, ce sera le concurrent. Heureusement qu’en France, le grand Liquidateur, n’a pas eu le temps de tout foutre en l’air (pardon, de tout réformer) et que les taux de prêts sont encore plafonnés.

Tout allait donc très bien dans le meilleur des mondes pourris. Les pauvres s’endettaient et les usuriers s’engraissaient. Leurs sociétés grimpaient en bourse. Ils transformaient ces prêts à risque mais très lucratifs en produits financiers qu’ils revendaient à d’autres banques dans le monde. Toute la planète finance souhaitait mordiller dans le gâteau de pauvres. Et c’est ainsi que mon banquier peut me refourguer un produit financier intéressant saupoudré de subprimes. (Je ne lui en veux pas car ce n’est pas lui qui élabore la mixture qu’il me propose, c’est des balaizes comme Jérôme KERVIEL). Au fond, tous les acteurs de cette tragicomédie savaient que le château de carte allait se casser la gueule. Mais tant que tout va bien et que ça reste légal car déréglementé…

Donc, le jour arriva. Les pauvres s’appauvrissaient et les prix des maisons augmentaient. Si bien qu’il n’y eu plus de nouveaux pauvres assez « riches » pour devenir propriétaires. Et la mécaniques s’inversa…. Les prix des maisons baissèrent et les usuriers qui misaient sur la revente des maisons pour encaisser en cas de non paiement commencèrent à transpirer jusque sous les aisselles. De plus en plus de maisons saisies à revendre et de moins en moins d’acheteurs pauvres à qui prêter. L’immobilier continue à ce jour sa dégringolade. Deux millions de pauvres américains à la rue qui ne furent que d’heureux propriétaires éphémères. Des milliers de maisons qui ne valent plus rien, faute d’acheteurs. De constructeurs de maisons pour pauvres en chômage technique… Et des sociétés de prêts qui font faillites…. Le gâteau de pauvres n’était qu’un flan qui s’est dégonflé.

Et c’est là que l’économiste libéral réapparaît. Son rôle : accuser l’Etat (qui a toujours tort), tout en le caressant dans le sens du poil pour le faire cracher du pognon et sauver les pauvres. Non, pardon, les financiers. En jargon d’économiste libéral on appelle cela « mutualiser les pertes ». Pour l’instant ça marche, les Etats-Unis et le Royaume Uni, injectent massivement l’argent du contribuable pour sauver les compte en Suisse et aux Iles Caïman de la finance mondiale.

Mais ça ne marchera pas longtemps. Car la crise que va connaître le monde n’est point due qu’aux Subprimes. Ce sera donc l’occasion d’une autre chronique où nous apprendrons que l’économiste libéral n’est pas uniquement dévoyé à son maître. Mais qu’il peut être aussi complètement con !

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