||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

La lettre de Guy Moquette

Ma petite maman chérie,

Mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,


Je vais mourir
de rire ! Car j’ai fumé un gros tarpé… ça m’aide à ne mourir que de rire. Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse et de continuer à travailler plus en attendant la fin du monde. Je ne le suis pas assez et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi, comme Guy Moquet, que le président vient de fusiller une seconde fois. Moi, je ne meurs que de rire. Sarkozy, c’est quand même pas les nazies. Certes, j’aurais voulu vivre autrement. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, puisque ma vie ne sert à rien, c’est que ma mort lente serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean qui apprenait à tuer et à détruire sur ses jeux vidéo. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino, qui apprenaient à devenir cons devant la téléréalité. Quant au véritable je ne peux le faire hélas  ! Ben oui, vu que vous m’avez viré de ma piaule !

J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l’escompte, sera fier de les porter un jour. C’est quand même des pompes Reebok, une casquette Nike et un survèt’ Adidas !

A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée. Mais comme je n’aime ni le ricard, ni le rouge, j’ai pris un autre chemin herbager.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme. J’espère qu’il refusera de partir à la guerre en Iran ou ailleurs, ou de faire sauter des clandestins par les fenêtres !
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir à petit feu en me fusillant le cerveau, avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine. D’une certaine manière, notre époque ne veut pas de nous.
Je ne peux pas en mettre davantage car j’ai plus de feuille et je suis trop explosé. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d’enfant. Courage ! Il n’est peut-être là que pour cinq ans.

Votre Guy qui vous aime

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