||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

GONG GONG // Itw2

Mz : Que s’est-il passé pour Gong Gong depuis septembre 2006 ?

T : Il y a eu la gestation de l’album qui s’est étalée sur un an, un an et demi et pour finir il y a eu la gestation du nouveau spectacle. Et tout ça s’est fait avec pas mal de dates à droite à gauche avec pas mal de dates à l’étranger dont le plus loin à Saint-Petersbourg. Nos concerts à l’étranger se sont pas mal développé. On s’est pas ennuyé (rires).

J-C : On avait décidé d’arrêter les dates en France à partir d’aout 2007. Le concert que tu as vu était l’un des derniers en France avec l’ancien spectacle (3 aout 2007 Notre Dame des Monts, Festival La Déferlante, ndlr). On a donc privilégié les dates à l’étranger, on est allés en Angleterre, en Pologne, en Russie et en Espagne. On est retournés en Pologne pour une tournée de début de création avec le nouveau live, créé spécialement pour trois dates il y a deux mois et demi, avec Sayag Jazz Machine.

Mz : Après avoir autant joué à l’étranger et aux quatre coins de la France, y-a-t-il un pays qui vous a le plus marqué ?

T : Oui la Pologne. Là-bas on a vraiment ressenti un public qui avait très faim de musique.

J-C : Un public très curieux de tout et extrêmement généreux. Le propos tant musical que vidéo les a vraiment séduit. On a senti tout de suite qu’ils étaient gourmands. C’est un public merveilleux, avant même la première note ils sont déjà présents, intrigués par la structure. C’est vraiment un public génial mais on aussi un super public en France...

T : Je dirais même qu’au sein de l’Hexagone on a un public différent, un public pluriel. Dans le nord ou dans le sud il n’y a pas le même répondant. Mais ça dépend aussi de nous, ça dépend de notre prestation, on va être plus ou moins bons certains soirs.

J-C : On n’est pas un groupe qui joue uniquement dans les salles de concert, on fait pas mal de festivals. Samedi dernier on était sur un festival populaire dans un petit village de campagne et à côté de ça on a fait les Trans et le Printemps de Bourges et on fait aussi des caf’ conc comme il y a deux semaines à Cholet et puis on va se retrouver à l’étranger dans des salles complètement différentes qu’on connait ici. On a donc cotoyé plein de publics différents. Ceci dit dans les pays de l’est il y a une curiosité, une envie de s’ouvrir qu’on ne retrouve pas chez nous. Les publics ici sont plus habitués alors que là-bas ils ont vraiment envie qu’il se passe un truc tout de suite, c’est pas la même attente.

Mz : Pour ce deuxième album, avez-vous encore une fois collaboré avec le collectif NOVO ou êtes-vous allé voir ailleurs ?

T : Un peu des deux en fait. Le collectif Novo c’est la structure associative qui entoure le groupe. Il y a Etienne Audebrand qui est le photographe du groupe, Mathieu Bujeau qui est le graphiste. Il y aussi toute l’équipe qui est avec nous sur la route et le président de l’association qui nous suit, qui apporte des critiques sur ce qu’il a pu voir et entendre de nous. Sur le deuxième album on a eu les mêmes collaborations, notamment sur le visuel de l’album, c’est d’après une photo d’Etienne que Mathieu va travailler sur le graphisme et la présentation du cd.

J-C : On a toujours la même équipe. Ce sont les mêmes gens qui ont fait exactement les mêmes choses. Maintenant ça s’est un peu professionalisé, le fait d’avoir un label permet que certaines activités soient payées comme la photo et le graphisme.

T : On est allé voir un peu plus loin au niveau de la collaboration musicale. On a un invité : Fred Nando Farrugia qui chante sur deux titres. Après qu’il ait improvisé nous on a un peu "rebricolé" ce qu’il avait fait. On a fait egalement une intervention dans un lycée agricole pour créer 20 minutes de musique et d’images. Les lycéens bidouillaient sur les machines et nous on travaillait sur les images. On a donc réutilisé un peu de cette matière enregistrée avec eux pour composer Beatle Fish le premier morceau de notre album. C’est une collaboration plus ou moins directe.

Mz : Ce deuxième album est très fouillé, de nombreux sons se superposent. Comment avez-vous procédé ?

J-C : Comme l’album précédent il y a eu beaucoup de sampling, on va puiser dans les musiques diverses comme l’électro, la world ou le rock. A côté de ça on a plus enregistré de choses faites par nous-mêmes. Il y a eu des pianos et des guitares préparées par Thomas et des choses enregistrées par rapport aux percussions. L’album est très ouvert, il puise dans plein d’influences car on en a plein. Il va puiser dans plein de ressources sonores qu’on n’avait pas forcement expérimenté avant. Alors forcement ça élargit encore plus le spectre du possible. Cet album c’est comme un grand voyage, ce sont des choses très dispersées et en même temps très homogènes. On retrouve la patte Gong Gong avec le système de bouclage et l’intervention de petits sons à droite à gauche comme on aime faire. On invite les gens à un voyage dès la première note.

Mz : Nouveau disque, nouvelles dates donc nouveau spectacle visuel ?

T : Le nouveau spectacle reste dans le même esprit que le premier. Il y a des choses qui évoluent au sein de la scénographie. Par exemple les écrans que Laurent et Pierre font évoluer tout au long du spectacle sont toujours présents sauf qu’ils sont plus arrondis. Avant la structure que Laurent avait construite était faite à base de piquets de tente canadienne et cette fois-ci il est passé aux structures de tente igloo donc plus arrondis, plus souples. Au lieu de projeter les images par devant comme avant maintenant ils projettent par derrière avec deux vidéo-projecteurs. On reste dans le même esprit un peu bricolo, un peu magique sans faire du Gérard Majax ou du David Coperfield (rires).

J-C : Avant c’était une succession de tableaux, à chaque morceau son tableau maintenant c’est une construction dans le temps. Ca peut parcourir deux ou trois morceaux.

T : La différence avec notre premier spectacle c’est que la musique est plus energique dans l’ensemble. Il y a encore quelques moments plus contemplatifs, plus calmes mais ça reste quand même plus dynamique.

Mz : Thomas tu déclarais en 2006, je cite : "Il me semble que nous n’avons pas dépassé les 10/100e de notre potentiel à 5". Qu’en est-il aujourd’hui ?

T : J’ai envie de dire que c’est pareil en fait. On dit que le cerveau humain n’utilise que 10%
de ses capacités, pour un groupe c’est pareil.

J-C : On a quand même compliqué les choses en musique, à la vidéo ils ont avancé aussi. Perso je monterais à 25% (rires).

T : Je reste sur les 10 % car ça laisse encore plus de marge. Même si des choses ont évolué on est entrain là de faire un pourcentage sur de l’infini car la création d’après moi c’est de l’infini. C’est quelque chose de faussé dès le départ les pourcentages.

J-C : On ne peut pas chiffrer car on a plein d’idées. Notre set va évoluer, on rejoue le 6 juin à Issy-Les-Moulineaux dans un festival multimédia et on bénéficie là-bas de 2 jours de résidence. On va encore revoir et remettre en question le live pour le faire aller plus loin. On va donc aller plus loin dans nos pourcentages (rires).
On retravaille toujours notre live. Notre précédent spectacle avait déjà été retravaillé au festival Scopitone et là on va recommencer le même processus. Sur le live actuel on va tout mettre à plat et on va retravailler le son, faire évoluer la vidéo.

Mz : Qu’avez-vous appris après autant de concerts ?

J-C : On a beaucoup appris par rapport au son et à l’image sur scène déjà et puis le rapport avec le public a forcement pris de l’importance. Quand on joue beaucoup on a une expérience acquise des lieux. Car on joue dans des endroits très différents comme on le disait tout à l’heure : du caf’ conc à la grande scène de festival en plein air ou dans une salle fermée, sous chapiteau, dans des festivals multimédia ou encore dans des soirées rock ou électro. On a donc la chance de pouvoir se placer dans plein d’ambiances différentes et je trouve que maintenant on a une manière très professionnelle d’aborder les balances et notre rapport au son.

Mz : Dans quel type d’endroit vous sentez-vous le plus à l’aise ?

T : Ca dépend des dates. On a de très bons souvenirs de concert en caf’ conc ou il y a eu une espèce d’osmose avec le public alors que parfois on s’est senti complètement perdus sur des grandes scènes de festival. Je me souviens de notre première grosse scène, c’était à Lille à l’aéronef. La salle était loin d’être pleine, on avait très peu de métier et un vertige assez impressionnant bien qu’il n’y avait pas grand monde dans la salle ; n’empêche que le plateau était intimidant à l’époque. Un an après c’était l’envers du décor : grande scène, enorme public de 2000 personnes et là on était à fond, contents d’être là, à l’aise.

J-C : Je pense que globalement on est plus contents quand on a toutes les conditions réunies, c’est à dire beaucoup de public, un plateau suffisamment large pour étendre la
vidéo. Parce que on est une équipe, on est six en tout, il y a une création lumière sur le nouveau live qui est très importante surtout quand il y a de la vidéo c’est très compliqué. Au son Didier travaille avec nous depuis un an, il travaille beaucoup sur le filtrage, il est donc partie prenante sur le live. Les vidéastes plus ils peuvent développer la structure qu’ils ont pensé au départ et plus ils sont contents donc je garde un petit privilège pour les grandes scènes, comme à Varsovie il y a quelques jours.

T : Ouais super plateau, super public. Et puis... (hésitant), je voulais rajouter quelque chose mais j’ai oublié... (rires). Ca reviendra peut-être...

J-C : On t’enverra un mail (rires) !

Mz : Vous partez prochainement en Asie et en Amérique du Sud grâce à Culture France. Comment en êtes -vous arrivé à un tel partenariat ?

T : Ce qui a débloqué tout ça c’est le FAIR.

J-C : Excuse -moi de te couper mais en fait on y a vraiment pensé dès le début car on savait que notre label était distribué à l’étranger et donc il a tout de suite été question d’aller jouer à l’étranger. Pour un groupe fançais il y a deux solutions : travailler avec des bureaux exports de la musique française qui t’aide à venir défendre l’album car les voyages sont couteux et il y a Culture France qui est plus institutionnel et qui travaille plus sur l’artistique. Il y a deux ans et demi on a envoyé un dossier à Culture France et ils étaient interressés. Entre temps l’album est sorti, la création du spectacle s’est achevée et c’est donc là que nous avons reçu le soutien du FAIR...

T : Justement maintenant tu vas me laisser finir (rires !). Culture France s’interresse à la sélection du FAIR. C’est-à-dire une quinzaine de groupes sélectionnés parmi 800 et quelques musiciens et groupes au niveau national. Cette quinzaine de groupes reçoit un budget dont une partie est alouée pour l’aide à la tournée. Culture France s’interresse à cette sélection et voit quel groupe ou chanteur pourrait être exporté et interressé les pays étrangers.

J-C : Là-dessus on a eu une double chance. Le FAIR de tout façon est obligé de proposer tous les projets à toutes les alliances françaises mais avant il faut quand même choisir un ou deux territoires de prédilection. Nous on en a choisit trois et on va jouer dans les trois. La chance qu’on a pour jouer à l’étranger c’est qu’on a pas de chant et ça c’est très important. On n’a pas de problème de barrage de langue. Qu’on aille jouer à Alger ou en Tunisie c’est un peu logique mais qu’on aille jouer en Asie ou en Amérique du Sud plus facilement ça c’est grâce à notre propos instrumental qui est universel. Il y aussi la force du propos multimédia qui intérresse les gens. On a eu aussi la chance de jouer au Printemps de Bourges ou il y a beaucoup de monde qui vient répérer les nouveaux talents. Donc pour nous il y a eu beaucoup de choses qui nous ont permis de bien nous positionner.

T : Pour l’Amérique du Sud ce n’est pas encore confirmé...

J-C : Oui mais on y croit très fort (rires). Notre tourneur a deux trois contacts pour le Mexique ou des gens sont intéressés. En Asie, nous jouerons à Hanoï au Viet Nam, à Bangkok en Thaïlande et nous avons deux options sérieuses en Chine si les problèmes de visa se résolvent et une option à Hong-Kong mais là c’est la moins sûre.
En Amérique du Sud, c’est la Bolivie et la Colombie à Bogota qui est l’option la plus sûre. Ensuite on verra, il faudra gérer avec notre calendrier...

Liens web : www.mvsrecords.com
gonggong.free.fr
www.fcom.fr

Un grand merci à Rémi et Anne-Sophie de MVS Communication ainsi qu’à Thomas et Jean-Christophe pour leur disponibilité.

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
myspace | newsletter | liens | rss | contacts
since 2006 - Domino Panda | sf/onth#! | mz-webzine.org | ^top^

Ce site n'est pas adapté à Internet Explorer. This site is not very suitable for Internet Explorer.
Firefox 3