||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

GOJIRA

Mz : Quelle a été votre manière de composer ce nouvel album ?

Gojira : On a composé en groupe, de façon plus posée.
On a bloqué 8 mois pour préparer l’enregistrement, puisqu’on la autoproduit.
Ça c’est fait de façon plus carré que les 2 premiers albums.

Mz : Qui s’est occupé de la conception de la Pochette ?

Gojira : C’est moi (Joe) qui l’ai faite et je réalise toutes les illustrations du groupe en
général.

Mz : Et ce dessin (la baleine et les planètes), il représente quoi ?

Gojira : Si on part du titre, « From Mars to Sirius », c’est le voyage de Mars vers Sirius
Et ça illustre une énergie qu’on trouverait aux alentours de Sirius.
C’est quelque chose de l’ordre de la poésie.
Ça pose la question de la vie extra-terrestre en tant que chose plausible.

En faite, j’estime que tout ce qui est plausible, probable, la probabilité ouvre l’esprit., le mental, c’est-à-dire, on peut pas affirmer que la vie est de telle ou telle façon, on ne peut pas affirmer qu’on est les seuls dans l’univers, on ne peut pas affirmer qu’il y ai quelqu’un d’autre, on sait pas, donc partant de là, il y a des milliards de probabilités.
Donc la pochette illustre tout ça.

(Joe) C’est ça que j’aime bien dans cette illustration et c’est un peu dans cette optique là qu’on a fait l’album.
Ce thème là fait vraiment corps avec le groupe, notre message il est là.

Mz : Pour approfondir la question, de quoi parlent vos textes ?

Gojira : En s’intéressant un peu au titre, on peut comprendre de quoi parle l’album,
C’est-à-dire, j’ai pas choisis Mars et Sirius impunément, Mars représente le dieu de la guerre dans la civilisation Grec et Sirius représente un repère dans l’Égypte ancienne, c’était quelque chose de constructif, de positif pour eux. En faite, Sirius représente la conscience.

Et sur terre, les rapports de force sont vachement présents, il y a énormément de rapports de domination entre les gens, des guerres, des violences gratuites, donc le message du groupe c’est qu’on pourrait passer à autre chose. La loi du plus fort et tout ça, c’est bon on en a fait le tour et je pense si on veut évoluer, il faut qu’on passe à un autre mode, un mode de partages, de dialogues, de conscience en faite ! Essayer de moins se comporter comme des animaux, finalement.

(Mario) Moi ce sont des choses qui me parlent. C’est vrai qu’avec le groupe, on se sent hyper concerné par le texte et c’est lié avec la musique. C’est un tout.
D’ailleurs on discute énormément là-dessus, tous ensemble.
En tout cas on essai de créer quelque chose de constructif.
On aime les gens, on est humanistes, tous, on aime bien rencontrer des gens même si on est un peu réservé, des fois on est un peu froid, mais profondément on est qu’en mêmes humanistes.

Mz : Est-ce que votre message à changé ou progressé depuis vos 2 précédents albums ?

Gojira : Disons, je pense qu’on se débarrasse de certaines couches, on va dire, petit à petit le message deviens de moins en moins ambiguë, plus franc.
Par exemple, la première pochette était noire, celle-ci est blanche...
Bon, peut-être que la prochaine sera noire aussi (rires)

(Mario) Individuellement on grandit tous, on a plus de 20 ans (Joe qui dit par derrière : beaucoup plus pour certain, qui approche même le 3ème age (rires)), on se découvre, on essai d’être bien plus réaliste. Donc du coup, plus tu grandis, moins t’as envie d’être ambiguë et plus tu veux trouver ta voie. Donc c’est vrai que maintenant on affirme notre couleur, on affirme un message.

(Joe reprend) Par exemple, le mot « Amour », quand tu dis « amour » dans le Metal c’est presque tabou, contradictoire, alors qu’en faite c’est ce que tout le monde veut, j’ai pas l’impression qu’il y en ai qui ne veulent pas être aimé, c’est quelque chose qui est propre à l’être humain, qu’on en ai conscience ou pas, j’ai l’impression qu’on le cherche.
Nos textes, ils parlent d’amour finalement.

(Mario) Mais après il y a plusieurs façons de parler d’amour, l’amour c’est une puissance
aussi, pour moi, c’est l’énergie universelle, c’est la seule religion du monde, l’Amour avec un grand « A » !
C’est l’amour que tu peux trouver dans tout, c’est-à-dire quelqu’un qui fait une sculpture, si il
l’a fait avec amour, elle va être belle, quelqu’un qui fait un plat, qui cuisine avec amour, qui
y met de l’attention, qui y met de l’affection, ça va être bon à manger, ça va faire du bien...
Des amis, l’amitié, la racine c’est ami, amour, ce sont des choses très fortes !

Même les black-metaleux-satanistes ils ont des amis, ils ont besoin d’avoir des amis, si ils
sont tous seuls ils se tirent une balle et c’est fini.
Donc c’est quelque chose qui est présent partout, c’est une vraie force.
Je pense que s’il y avait un peu plus d’amour, si on parlait un peu plus de ça, même au « 20
heure » par exemple.
Je suis pas sûr qu’il est plus de guerre que d’amour dans le monde, mais on a tendance à
focaliser sur la terreur, la guerre, le désespoir, la destruction, on a tendance à être
impressionné par ça, du coup, on tombe dans un cercle vicieux.
C’est pourquoi on aime bien parler d’amour dans nos chansons. Mais pas de façon niaise,
« ouais, j’t’aime, ouais moi aussi... » On le prend + au sérieux que ça, la plupart d’entre nous a une copine, donc le vit aussi au sein d’un couple, c’est quelque chose de très très fort et de très constructif, stabilisateur et super...

(Mario) C’est un peu comme une quête. Tout le monde a besoin d’amour, parce que peut-être que sur certains plans ils en ont manqué et peut-être que chacun de nous en a manqué à un moment donné.
C’est une philosophie, ce n’est pas toujours facile de la mettre en pratique, par exemple,
même entre nous, des fois yen a qui vont te saouler, on va perdre ça, on va pas être dans
notre discours. C’est pour ça que je parlais de quête, c’est aussi quelque chose qu’on se fixe.
Parce que c’est clair que nous devons vachement progresser, je dis pas qu’on vit dans
l’amour, qu’on a tout capté, loin de là, mais on sent que c’est vers ça qu’on tend, vers des
rapports, harmonieux, plutôt que destructeur. Parce que justement j’étais hyper colérique
avant et ça m’a joué des tours et j’en souffrais. On essaie tous de s’en sortir, d’évoluer.

On
prétend pas être le Dalaï-lama ou je ne sait pas quoi !
On essai juste de mettre un peu de sagesse dans notre quotidien, par exemple en tournée, on est une équipe de 9 personnes sur la route et tous on arrive à parler d’amour, sagesse.... C’est pas évident, notamment entre mec de parler de ça, du respect d’autrui, d’amour, de se dire qu’on s’aime... Mais on en a tous conscience, que c’est quelque chose de vachement agréable et important, on essai de faire preuve de respect. On va sortir des grosses conneries dans le camion, on va péter (rires). Mais si il y en a un qui ne se sent pas bien, on va faire l’effort de lui demander ce qui ne va pas. On ne va pas juste dire « ouai qu’est-ce que t’as encore, ça va pas, ha ha ha ... » ou « tu fais tout le temps la gueule tu fais chier ». On ne dit pas ça, on va essayer de comprendre pourquoi, on respecte la personne, on va pas la juger.
Des fois on commence par dire ça « tu fais tout le temps la gueule tu fais chier » (rires) et
après on a tous un peu se réflexe de faire l’effort de dépasser ce seuil là, de s’intéresser à la personne. Et tout de suite ça soulage, ça renforce les liens, ça créer une cohésion de groupe aussi. C’est ça notre technique, c’est de faire attention aux uns, aux autres, entre nous, mais aussi avec les techniciens et tout le monde quoi ! Et en définitive, on souhaite que tout le monde fasse pareil, mais ça ne se fait pas comme ça, d’un seul coup !

Mz : Une question qu’on a eut sur le forum : Comment vous viennes ces structures déstructurées ?

Gojira : (rires)

(Mario) Je pense que dans la structure j’ai un rôle important.
On compose tous les 2 avec Joe, la plupart du temps et j’aime quand ça rebondit, dans la
musique de Gojira, j’aime quand elle est ultra dynamique et donc en tend vers ça. Par
exemple, quand on a une bonne moitié de morceau, je dis souvent « ce serait bien qu’on
casse le truc » « on pourrait faire un truc comme ça », et puis il y a un élan physique qui part et on aime bien renverser les tempos d’un coup ! Mais ce n’est pas planifié, ça vient comme ça vient, si il y a un morceau où il n’y a pas de cassure, on va pas en mettre une
obligatoirement !

(Joe) On exploite toutes les idées qui peuvent nous venir, on a une idée en tête, on va pas la
garder pour sois en ce disant quelle est nulle ou quoi, par exemple : t’as une idée qui te vient de je ne sais où et tu la joue pour toi, tu trouve ça mortel et quand tu veux la jouer aux autres, tu te dis « mais non, c’est que moi, ça peut pas être bien... » Alors, qu’il suffirait de la faire tourner avec tout le monde pour savoir si ça vaut le coup ou pas et puis le ridicule ne tue pas.
Même si le riff n’est pas bon, le fait de l’avoir fait tourné, va peut-être en faire naître un autre
dans ta tête ou dans celle des autres, qui sera meilleur !
Si tu n’essayes pas, tu ne sauras jamais ! Il faut laisser sortir les idées...

Et après, une fois que les idées sorties sont bonnes, on les fait tourner, jusqu’à ce qu’on les
connaisses, qu’on les maîtrise par coeur.

Mz : Une autre question venant du forum : Est-ce que vous vous prenez la tête à faire tourner une partie pendant des heures, ou est-ce que ça vous vient naturellement ?

Gojira : (rires) ça ne nous vient pas du tout naturellement, c’est énormément de boulot ! Mais sur le dernier album, la « carré » est acquis, depuis notre premier album, on sait jouer carré ! Il nous faut juste trouver des idées de riffs et les assembler pour faire tourner une chanson.
Mais on ne se repose jamais sur nos lauriers, il faut tout le temps bosser notre technique !
On met pas un mois pour être carré sur un morceau, parce qu’on a bossé en amont.

Mz : Vous avez pris des cours de musique quand vous étiez plus jeunes ?

(Joe) J’ai pris quelques cours de Piano étant jeune.

(Mario) J’ai pris 5 - 6 ans de cours de Batterie (solfège, lecture, pratique...).
Et les autres du groupe n’ont pas vraiment pris de cours.

Mz : D’après les sondages, vous êtes passés premier groupe français de musique
violente, qu’en pensez-vous ?

Gojira : (Mario) On essai de faire ce qu’on a à faire, on se monte pas la tête, on a bien conscience que c’est pour le travail qu’on a fait qu’on est respecté, mais on ne se prend pas la tête avec tout ça « leader » etc. ... C’est très subjectif de toute façon. On ne se sent pas « leader » de la scène Metal française. On va pas s’enflammer parce qu’on joue à guichet fermé.

(Mario pose la question à son frère, Joe)

(Joe) Euh ? Je le vis bien ! (rires)
Ça ne me fou pas la pression, c’est un truc cool, c’est bien...
J’ai l’impression de n’avoir rien à dire sur ça, tellement c’est subjectif.
Notre but n’est pas de devenir « leader » de la scène metal française, mais de l’être au niveau mondial (rires), voir jusqu’à Sirius ! (re-rires)

Mz : D’ailleurs, pour en revenir à Sirius, est-ce que la conquête de l’espace vous intéresse ?

(Quelqu’un par derrière, le chanteur de Trépallium... Ludo) C’est fini l’époque des Russes (rires), c’est la France qui va poser le pied sur la Lune, la Vendée ! (rires)

Gojira : (Joe) Moi ça m’intéresse vachement les questions sur l’espace...
(Chanteur Trépallium, Ludo) Est-ce que tu pense que Goldorak est plus fort qu’Albator ... (rires)

(Joe) Bref...
ça m’intéresse beaucoup les questions sur l’espace, des fois j’achète des magasines qui
traitent de ce sujet, les nouvelles planètes qu’on a découvert et tout ça, ça me fascine pas
mal ! Il y a tellement de trucs à découvrir, mais après, bon, ça reste secondaire, je trouve que le plus important c’est de se connaître soit même avant d’aller conquérir l’espace !
Et de régler d’abord les problèmes qu’il peut y avoir sur Terre, comme la guerre, la
pauvreté, la pollution...

Mz : Votre coup de coeur sur scène (tout groupe/style confondus) ?

Gojira : Trépallium (rires), c’est vrai que je dis ça parce qu’ils sont là (re-rires), mais en même temps, c’est vrai ! On les a vu sur scène, on a pris une grosse « beigne » !

Mz : Votre coup de coeur CD (tout groupe/style confondus) ?

Gojira : (Joe) J’adore le dernier album de System of a Down.
(Chanteur Trépallium) J’peux dire un truc ... Les frites sucrées sont meilleures dans la loge de Gojira que dans celle de GTI ! (rires)

(Mario) Moi, en ce moment j’écoute pas de musique, j’ai pas Internet, donc je ne télécharge
pas, j’ai pas de thune, donc j’achète pas de disque... (rires). Je vis vraiment comme une espèce d’Hermite !

Mz : D’ailleurs, quel est votre avis sur cette question, qui est, le fait de télécharger des MP3 etc ...?

Gojira : (Mario) Euh on s’en fou... C’est pas négatif en faite et c’est même plutôt positif au final !
Par exemple, t’as 10 personnes qui gravent le CD de Gojira, qui le prête à des potes et t’en a 2 ou 3 qui accroche et qui viennent nous voir en concert ! Ça fait qu’il y a + de monde qui
peuvent nous connaître, venir aux concerts, acheter un CD, un Tee-shirt, un DVD...

(Joe) Moi je dirais qu’on est trop près du phénomène pour pouvoir tirer des conclusions, pour être objectif ! C’est tellement nouveau, on est trop près de ça pour donner un avis favorable ou défavorable sur ce sujet !
Mais le truc qui est triste, c’est la mort du support, la mort du CD ! En faite ça banalise un peu l’art, dans le sens où on peut tout avoir, donc il y a moins de sacré sur l’objet !
J’aimerais bien avoir l’avis de Ludo (Chanteur Trépallium) sur ce sujet ?!

Chanteur Trépallium, Ludo : Internet, c’est super bien pour choper des films de cul à pas chère ! (rires)

Mz : Vos projets pour la suite ?

Gojira : On a toute la tournée à finir et après peut-être une tournée avec Trépallium en Pologne (rires).
Pour répondre sérieusement à la question, la prochaine étape c’est l’étranger en faite. 3 Albums, presque 10 ans qu’on joue en France et reste à jouer / faire une tournée à
l’étranger.

On commence à être connus en Belgique et en Suisse, mais on aimerait jouer en Allemagne, Angleterre, Espagne...
Et là pour la première fois, l’album sort partout en Europe, Etats-Unis, Japon... Et, selon les retombées dans les divers pays, il y aura forcément une tournée.

Mz : Pour conclure, le mot de la fin vous reviens ?

Gojira : (Mario) C’est cliché, mais pour moi ce serait : Vivre l’instant présent ! (Carpe Diem)

(Joe) Prenez soin de vous ! Faites-vous plaisir, aimez-vous les uns les autres et vous-mêmes aussi !

SPIP | | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
myspace | newsletter | liens | rss | contacts
since 2006 - Domino Panda | sf/onth#! | mz-webzine.org | ^top^

Ce site n'est pas adapté à Internet Explorer. This site is not very suitable for Internet Explorer.
Firefox 3