||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

G.W.B. : Le Procès

Hiver 2020 : Comité de Salut Public des Nations Unies à New York.

Le Procureur :Accusé, à la fin du millénaire précédent, vous avez refusé de ratifier le Protocole de Kyoto n’est-ce pas ?

G.W.B. : C’est exact.

- Pour quelles raisons je vous prie ?

- Eh bien, la réduction de la pollution aurait affecté l’économie et donc la croissance de mon pays.

- Pourtant, même les experts les plus optimistes de l’époque étaient inquiets au sujet de l’accroissement de l’effet de serre et de l’accélération du réchauffement climatique de la planète. Voilà par exemple, ce que déclarait la Convention des Nations Unies sur les Changements Climatiques (UNFCCC) : « l’absence de certitudes scientifiques relatives à certains aspects du changement climatique n’est pas une raison pour tarder à apporter une réponse immédiate qui peut, à un coût raisonnable, prévenir une perturbation causée par les activités humaines, et dangereuse pour le système climatique ». Comment avez-vous pu tout de même, refuser de ratifier le protocole de Kyoto ?

- Il était trop restrictif.

- Il s’agissait de réduire de 7% les émissions de gaz à effet de serre de votre pays d’ici à 2012, soit dans les 14 ans à venir. Cela vous semblait donc irréalisable pour la première puissance mondiale ?

- Mon pays ne pouvait se permettre une telle réduction. Le mode de vie, le niveau de vie des citoyens des USA n’était pas négociable.

- Votre nation représentait 5 % de la population de la planète mais produisait 25 % de l’émission des gaz à effet de serre. En tant que pays le plus développé, vous saviez qu’en refusant le traité, vous le rendiez caduque.

- l’Economie de mon pays était plus importante à mes yeux.

- Eh pourquoi ?

- Parce qu’elle permettait la richesse des citoyens des Etats-Unis.

- Pourtant, aujourd’hui, et malgré le soutien non négociable à votre économie, les citoyens de votre nation sont dans la même situation catastrophique que le reste de l’humanité et l’argent accumulé ne pourra jamais reconstruire ce qui a été détruit. Votre économie ne nous rendra pas nos climats propices à la vie, ni les terres englouties et celles qui vont l’être… Que répondez-vous à ceux qui prétendent que vous défendiez des intérêts privés ?

- Ce sont des calomnies !

- Les compagnies pétrolières qui ont financé vos campagnes politiques ont toujours été contre la réduction des gaz à effet de serre pour ne pas réduire leurs profits. Elles ne sont pour rien dans votre refus catégorique de réduire la pollution de votre nation ?

- Non, je vous le répète ! Il s’agissait avant tout de préserver notre puissance économique. Je vous rappelle qu’il me fallait une économie puissante pour financer la lutte contre l’axe du mal, le terrorisme international !

- Les dégâts du terrorisme islamique international furent épisodiques et conjoncturels. Par contre, la catastrophe planétaire engendrée par la pollution sans restriction, aura des conséquences sans commune mesure sur l’humanité. Regrettez-vous vos choix aujourd’hui ? Avez-vous parfois des pensées pour les dizaines de millions de victimes et toutes celles à venir ?

- On ne pouvait pas prévoir ce qui allait arriver…

- Le rôle d’un homme politique n’est-il pas de chercher à prévoir, à anticiper les dangers, pour mieux les prévenir ?

En 1985, les foreurs russes parviennent à extraire des carottes de glace jusqu’à un kilomètre de profondeur. Publiées en 1987, leur analyse réalisée à Grenoble et à Saclay par les équipes de Dominique RAYNAUD et Jean JOUZEL, démontre que, depuis cent mille ans, il existe une corrélation étroite entre températures moyennes et teneurs en gaz à effet de serre. En 1999, la démonstration s’est étendue aux 400 000 dernières années. Sur cette période, jamais la teneur en gaz à effet de serre n’avait atteint les valeurs de l’époque de l’étude, dues à la pollution. Enfin, en 2004 confirmation a été apportée sur une période de 740 000 ans. Ce genre d’étude ne vous a jamais interpellé ?

Le GIEC (groupe intergouvernemental sur L’évolution du climat) estimait que la moyenne globale des températures de surface continuerait à augmenter, et qu’elle se situerait en 2100 dans une fourchette comprise entre 1.4 et 5.8 degrés centigrades au-dessus des niveaux de 1990.

En tant que dirigeant de la première puissance mondiale vous étiez informé, vous deviez vous tenir informé. Avez-vous des regrets aujourd’hui ?

- Je ne savais pas ce qui allait se passer… je ne peux donc avoir de regrets.

-Certes vous ne saviez pas ce qui allait ce passer dans les détails, mais vous saviez que de profondes modifications climatiques seraient engendrées par la pollution atmosphérique selon les avis de tous les experts indépendants. Le GIEC estimait que les effets combinés de la fonte des glaces et de la dilatation de l’eau de mer due au réchauffement des océans provoqueraient une augmentation du niveau de la mer d’une amplitude comprise entre 0.1 et 0.9 mètre entre 1990 et 2100. Des régions entières, peuplées par des millions de personnes, comme au Bangladesh, allaient donc être englouties et vous, homme le plus puissant de la planète, vous avez refusé d’agir. Vous n’êtes pas responsable de la pollution qui a précédé votre accession à la présidence des Etats-Unis, mais en refusant un protocole international, vous n’avez rien fait pour atténuer la catastrophe, bien au contraire, et cela en toute connaissance de cause. En cela vous êtes coupable.

- Je m’en remets à Dieu pour ce qui est de ma culpabilité. Je n’apporte aucun crédit à votre justice !

- Vous croyez en Dieu ?

- Oui, je crois.

- N’est-ce pas Dieu, selon vous, qui a créé l’univers et toutes ses merveilles ?

- Si

- N’est-ce pas Dieu qui a engendré la Terre et la sublime mécanique naturelle qui à permis l’apparition de la vie, et donc, de votre vie ?

-Oui, c’est Dieu qui engendre tout cela.

- Selon vous, comment jugera t’il ceux qui, comme vous, ont mis toute l’énergie de leur existence à détruire ce qu’il avait créé ?

- Au cours de mon existence, j’ai toujours cherché à agir en respectant la parole de Dieu. Je n’ai donc rien à me reprocher !

- Est-ce Dieu qui vous a interdit de signer le Protocole de Kyoto et de chercher à réduire la pollution ?

- Non.

- Est-ce Dieu qui vous a ordonné d’encourager un système économique alimenté par la consommation à outrance des ressources naturelles et la destruction des écosystèmes terrestres qui le nourrissent, afin d’assurer votre mode de vie non négociable au non d’une idéologie péremptoire ?

- Non. Certes non.

- Accusé vous pouvez donc craindre le jugement du Dieu auquel vous croyez puisque vous avez contribué à détruire son œuvre. En attendant voici notre réquisitoire :

Vous êtes coupable d’avoir encouragé un mode économique mortifère. Vous êtes coupable de ne pas avoir tenu compte des inquiétudes et des avertissements du monde scientifique. Vous êtes coupable d’avoir défendu les intérêts de quelques-uns au mépris de tous les autres. Vous avez failli à la mission que les citoyens de votre nation vous avaient conférée. D’un point de vue personnel, j’ajouterai que vous êtes coupable d’avoir oser entraîner Dieu dans votre compromission.

Votre disparition ne nous rendra en rien ce qui a été perdu. Toutefois, il s’avère que votre mode de vie est polluant. En effet, vous savez que si toute l’humanité avait vécu comme vous le faisiez, il aurait fallut six planètes pour supporter l’impact écologique engendré. Etant donné votre âge avancé, vous avez largement dépensé votre capital vie. Etant donné la situation actuelle nous ne pouvons nous permettre de prolonger l’impact écologique lié à votre existence. Toutefois, nous vous accordons une semaine de délai à compter de ce jour, pour craquer la capsule. Votre dépouille sera compostée.

Soyez courageux. Cet acte ne sera que la conséquence de vos choix antérieurs.

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