||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Episode toux : NEA

Rappel des faits : Samantha se réveille avec un terrible mal de tête. Elle tente de se souvenir de sa soirée de la veille. A mesure qu’elle émerge, elle prend conscience qu’elle est nue dans un lit inconnu, avec un inconnu.


Samantha se devait d’agir rapidement. Elle se leva pour rechercher ses vêtements dans la pénombre, le plus discrètement possible, afin de ne pas réveiller le ronfleur. Elle ausculta quelques fringues sur une chaise, dans un coin de la pièce. C’était une grande robe de soirée sombre, avec un décolleté infini à en attraper un rhume de poitrine. Non, cette chose ne pouvait pas lui appartenir. Ce n’était pas son genre. Son style, c’était plutôt….des trucs moches, anti-sexy et ringards, en fait. Aucune trace de ses affaires, de ses papiers de ses clefs de maison et de voiture, ce qu’elle jugea inquiétant.

Elle continua ses recherches sur une autre chaise pour y découvrir des vêtements masculins. « Ceux du ronfleur » pensa-t-elle en se retournant vers le lit. Elle voulu découvrir qui pouvait bien se cacher sous cette couverture et pousser ces râles de pachyderme. Le serveur chinois ? Elle se prit le pied dans un textile qu’elle ramassa, en s’approchant du corps. « Ce string ficelle ne peut pas m’appartenir…il est bien trop petit pour moi ».

Le corps endormi se retourna alors dans un nouveau râle contrarié et bruyant. Prise de panique, Samantha se recroquevilla affolée derrière la chaise. « Mais c’est quoi cette histoire ? Qu’est-ce que je fais toute nue, accroupie dans cette chambre ? Il doit bien y avoir une explication rationnelle ! ». Rattrapée par sa migraine autant que par ses frayeurs, elle prit sa tête entre ses mains pour verser quelques sanglots.

Après quelques minutes sans bouger, prostrée dans son angoisse, elle se livra à une introspection salutaire destinée à lui faire reprendre du poil de la bête. Après tout, cette histoire tombait à pic. Elle avait 45 ans et sa vie était d’une platitude mortelle. Son avenir était déjà tout tracée : elle serait secrétaire jusqu’à la retraite, puis jusqu’à la maison de retraite, puis jusqu’au trou qu’elle avait réservé dans le cimetière communal. A moins qu’elle ne décide de se faire incinérer… en fait, il restait tout de même quelques bribes d’incertitude dans son existence. Tout était finement et merdeusement réglé dans sa petite vie qui n’était qu’une mort lente. Elle devait prendre l’incroyable aventure qu’elle vivait, comme une chance. Cette histoire allait la tirer de sa léthargie existentielle !

Elle se redressa pour s’approcher de la fenêtre et glisser un œil à travers les persiennes. Ouaouh ! A en juger par les beaux immeubles haussmannien bordant la rue, elle était dans un quartier chic de la capitale ! Rien à voir avec son deux pièces dans le neuf trois. Le pachyderme somnolant ne pouvait pas être le serveur chinois. Elle repartit en quête d’une tenue plus décente d’un pas décidé. « Aille ! » Fit-elle en se vautrant sur le parquet après avoir posé le pied sur un objet mouvant. Allongé sur le sol, elle aperçut à sa gauche une bouteille qui alla finir sa route le long de la porte. Elle avança à quatre pattes vers la bouteille de whisky qui était complètement vide. « Voila la raison du marteau piqueur qui défonce mes neurones » réalisa-t-elle.

Tout d’abord, prendre une bonne douche. Voilà ce qu’elle devait commencer par faire. Elle entrouvrit la porte de la chambre pour découvrir un long et haut couloir. Cet appartement devait mesurer dans les deux cents mètres carrés au minimum. Elle avança sur la pointe des pieds pour ne pas faire grincer le parquet, mais entendit des voix dans le lointain. Il y avait d’autres femmes et d’autres hommes ici. A nouveau prise de panique, elle se replia dans la chambre. Elle était toujours nue avec cet inconnu… elle décida de réveiller le ronfleur…

Toc, toc, toc ! Quelqu’un frappa. Toc, toc, toc « Lee, tu m’entends ? » c’était une voix de femme. Toc, toc, toc. « Lee ! répond ! » La porte s’ouvrit sur Samantha, debout, collé contre le mur. La femme aperçut la bouteille sur le sol et invectiva le ronfleur, énervée : « bordel, Lee, t’es encore complètement bourré ! Tu fais chier, merde ! » Devant l’absence de réaction du dormeur, elle se résigna « Bon, ok, on part devant car nous risquons d’être en retard. Tu sais où nous trouver » puis elle claqua la porte et s’éloigna d’un pas violent.

Samantha put relâcher sa respiration, soulagée. Elle attendit patiemment, l’oreille sur la porte, que tous les inconnus aient bien quitté les lieux avant d’esquisser le moindre mouvement. Puis elle s’assit sur le lit pour reprendre ses esprits. « La voix de cette femme me dit quelque chose… c’est une voix familière… » Ce léger indice ne la fit en rien progresser dans son enquête, mais la rassura tout de même. « Bien ! C’est qui ce Lee dans ce lit ? Elle tira les draps. L’homme était nu coucher sur le ventre. « Il semble pas mal » pensa-t-elle, en appréciant les contours de son dos et le galbe de sa croupe. « Voyons voir si c’est… » rougit-elle en faisant pivoter le corps… Stupéfaction ! Ce chinois n’était point le serveur ! Elle enfila un peignoir qui gisait sur le sol, afin de paraître décente, puis tenta de le réveiller doucement. Impossible, il devait en tenir une carabinée. Elle le secoua, puis le frappa au visage, mais elle ne réussit qu’à perdre des forces et accentuer ses ronflements. C’est alors qu’elle aperçut, sur la table de chevet, un tube de somnifères complètement vide. « Mince ! Pour une fois que je trouve un petit ami, il va me claquer dans les bras ! Je n’ai vraiment pas de veine ! »

Alarmée par le risque d’être mêlée à une sale histoire de suicide ou de meurtre (Comment expliquerait-elle à l’inspecteur que c’est un inconnu, alors qu’ils viennent de passer la nuit ensemble), la pauvre réagit avec la vigueur du désespoir. Elle fila vers la salle de bain pour y remplir une bassine d’eau afin de la jeter sur le moribond et prendre une aspirine dans la pharmacie pour soigner sa migraine.

Lorsqu’elle se retrouva face à l’immense miroir, elle sursauta car elle cru apercevoir une femme derrière elle. Mais il n’y avait personne d’autre. Elle ne voyait que son reflet. La brune au beau visage, c’était son reflet. Elle laissa tomber le peignoir. Cette poitrine, ces longues jambes, cette taille fine, c’était son reflet.

Samantha ouvrit la bouche et prononça ces mots lentement : « Je ne suis pas moi… » Puis, s’étant écoutée parler elle ajouta avant de s’évanouir : « Cette voix n’est pas ma voix… »

C’est alors que le téléphone sonna… lorsque le répondeur se déclencha, une voix masculine questionna : « Néa, Néa….décroche Néa ? »

Qui est ce chinois ? Qui sont ses amis ?

Peut-on subir une opération de chirurgie esthétique intégrale, au cours d’une seule nuit ?

Pourquoi se faire opérer des cordes vocales ?

Tentative de meurtre ou suicide ?

Qui est NEA ?

C’EST A TOI D’EN DECIDER A TRAVERS TES COMMENTAIRES.

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