||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Autoprod’ (2006)

EARL

Squeal

Commencer une nouvelle année s’accompagne souvent d’un lot de bonnes résolutions. Fera fera pas ? Telle est la question. Une chose est sure pourtant, autant la commencer avec un bon disque. Bonne pioche puisque Earl satisfait les désirs les plus audacieux, véritable bastion de folie et d’énergie défouloire. Brutalité, minutie, élégance déjantée et enchantement démoniaque. Une mixture originale qui puise sa force dans le savant mélange de métal (Candiria), de free-jazz improvisé sous ecstasy (Mr Bungle), d’une basse élastique cousine de Les Claypool et enfin du syndrome aliéné de Fantômas en quête d’originalité bestiale. Mais halte au jeu des sept familles consistant à dénicher toutes les influences du trio car si les angevins ne cachent pas leur admiration pour les groupes pré-cités (tant mieux car il aurait d’ailleurs été difficile de les dissimuler tant celles-ci sont omniprésentes), il y a tout de même autre chose, de plus personnel. Le mérite du trio est de tirer sa carte du jeu parmi la fourmilière de styles mélangés et de marier l’impossible à l’inouï en imposant sa patte, schizophrène cette fois-ci. Cocktail à foison bien dilué avec tout ce qu’il faut de folie, on passe du coq à l’âne avec une facilité exemplaire, d’un chant guttural à une pirouette hip-hop, d’un mode groovy à un plan métal-hardcore-coup-de-boule ! Le moins que l’on puisse dire c’est que ça décoiffe. Il ne faut donc pas (trop) vite condamner Earl en le taxant de "plagiste" insipide car même si Squeal ne deviendra certainement jamais la référence number one du métal anti-conventionnel, il reste cependant un bon disque pour tous ceux que le rodéo musclé de la pantonnade hystérique n’effraie pas. Après tout on peut presque voir en ce disque le fantasme allégorique d’une "battle" musicale Patton vs Claypool ou encore Tom Waits vs Franck Zappa, dans un combat de catch improvisé et réalisé sans trucage. La montée en puissance des morceaux reste divine, l’ennui s’inscrivant aux abonnés absents. Bon sans être jouissif jusqu’à l’extase, Squeal s’apprécie pour ce qu’il est : un disque déluré. Et il est de bon ton de noter que les géniteurs de cet alien hybride ont pour habitude de jouer du pop-rock ! Le mérite est donc d’autant plus grand que ce projet un peu fou est largement maîtrisé sans tomber dans le piège démagogique des clichés brouillons post-hardcore.
Bien ingénu sera celui qui ne verra pas en nos trois angevins le clin d’oeil décomplexé aux fous furieux de South Park ("Mowgly"). Alors oui ça fait beaucoup d’inspirations pour un seul groupe mais qu’importe puisque les auteurs s’en dépatouillent avec merveille sans arrogance et avec bonne humeur, d’ailleurs suffisamment communicative pour se pencher un peu plus sur ce 6-titres bien décapant.

Lien web : www.earlcore.com

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