||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Autoprod’ (2006)

DAS MODEL

Folks

Les petits arrangements qui font la force des bonnes trouvailles demandent souvent plusieurs écoutes afin d’être bien cernés. Folks ne demande justement que ça, une fois bien digéré on comprend enfin les bienfaits de ce maxi, et ils sont nombreux. Il est fort agréable de pénétrer dans l’univers indé de ces trois lillois qui puisent dans l’éternel mine des musique noises qui firent le bonheur de l’underground dans les 90’s. Entre un excellent Jesus Lizard et la noirceur d’un plus récent Tomahawk, on se laisse facilement porter par cette saveur venue du nord qui n’a aucun mal à retenir notre attention. Des notes de basse rebondissantes, un son de guitare en envolée rythmique, une batterie syncopée, le tout en harmonie avec un hardcore ammonie comme l’avait suggéré Fugazi dès les années 80. Les parties vocales sont quant à elles maîtrisées par chacun des membres du groupe : un chant hurlé mêlé à un phrasé soutenu par un porte-voix. Et la mesure de l’efficacité de ce chant "parlé-brouillé" demeure d’une efficacité redoutable. Mais pour en revenir à la première impression laissée par le groupe, Folks nécessite en effet plusieurs écoutes afin que l’empreinte d’un bel effort se révèle car riches sont les compositions. Après avoir bouleversé le line up (ils sont passés de 4 à 3 membres), ils semblerait que leur voie soit toute tracée. Leur style implacablement indé laisse espérer un beau parcours pour ces étudiants des beaux-arts inspirés aussi bien par la littérature que par les plasticiens (cf. : l’artwork a été réalisé par Seb, guitare). Bien sûr il sera plus difficile de discerner l’influence de Kafka que de Girls against Boys par exemple. Mais si on estime la noire sobriété de Das Model, on n’est pas loin de l’univers onirique d’Edgar Allan Poe ; mêlant le fantastique à l’étrange sans non plus se perdre dans des spasmes d’épouvante.
Mais revenons en à des choses plus terre-à- terre en estimant ce disque avec toute le mérite qui lui revient. Car en signant un tel acte, Das Model affirme un instinct créatif et un goût immodéré pour un genre converti au hardcore’ n roll. D’un style novateur (au moins en France), Seb, Bastien et Néric nous proposent un met digne d’un festin et on ne se fait pas prier pour se gargariser d’un élan aussi prometteur. Il est légitime de ne pas trop sous-estimer ce groupe qui produit lui-même ses vidéos dont le clip "Less is more" d’une qualité et d’une densité saisissante. Das Model qui entend devenir plus qu’un (simple) groupe en s’investissant dans d’autres formes artistiques semble miser sur le bon cheval. C’est donc en toute logique que leur disque se voit attribuer les louanges. Leurs atouts, forts d’un consensus émérite leur permettront non pas une belle place au soleil mais une place certaine dans le monde indie. Car si leur musique attire la curiosité, elle n’est en rien destinée au grand public, ce qui en soit est donc une bien belle réussite. Quitte à faire du rock autant le faire avec l’instinct anti-conventionnel, et dans ce cas échéant, la formule s’applique avec une délicate force de persuasion.
Si ce premier ep marque indubitablement un tournant marquant pour le groupe, il devient la preuve d’une intéressante maturité artistique, en attendant l’album ? Ca on l’espère vivement.

Lien web : www.myspace.com/dasmodel

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