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DAISYBOX

interview DAISYBOX
Polyester est le troisième album de Daisybox qui marque un tournant dans sa carrière. En trio et surtout en électrons libres avec la création de leur propre label (Yelö), les parisiens sortent leur album le plus réussi. Rencontre avec les frères Olivier (chant-guitare), Sam (batterie) et Anne-Lise (basse-chant).

Mz : On dit souvent du troisième album qu’il marque soit un aboutissement soit un tournant dans la carrière d’un groupe. Qu’en est-il pour vous ?

O : Comme un mélange des deux. Un tournant déjà car un membre est parti (Léonard Vasco) à la fin de la dernière tournée et on a travaillé d’une manière totalement différente sur ce disque. On a abordé ce disque de manière plus instinctive que réfléchie et je crois que c’était notre but depuis le début sans y arriver aussi bien, en soit c’est un aboutissement.

Mz : Musicalement vous sonnez très anglo-saxon cependant vous continuez de chanter en français, pourquoi ?

O : Et pourquoi pas ? Spontanément on aurait tendance à écrire en anglais mais on trouve ça moins interressant d’écrire dans une langue qui n’est pas la nôtre même si l’anglais sonne mieux. Mais justement le défi c’est d’essayer de faire sonner le français comme de l’anglais. Et puis au moins on est original, même si au départ c’était dur de chanter et écrire en français mais maintenant c’est une démarche spontanée.

Mz : D’avoir cette influence anglo-saxonne très présente cela vous ouvre-t-il des portes à l’étranger ?

O : Ca a du pour et du contre. Le pour c’est qu’on a prouvé plusieurs fois et dans plusieurs pays que la musique est plus internationale qu’une langue. Après tout nous on écoutait The Cure sans forcement comprendre les paroles donc pourquoi pas l’inverse. Par exemple on a joué au Mexique devant des gens qui ne parlaient pas français mais qui chantaient les paroles phonétiquement. On passe même à la radio en Australie. En France finalement on a choisit la voie la plus difficile en fait parce que les gens comme nous qui aiment le rock anglais ou américain a priori n’aiment pas le français. Et ceux qui aiment le rock français type Noir Désir ou autre ne sont pas forcement sensibles au genre de musique qu’on fait. En fait en France on est dans un créneau très petit mais on est fiers d’y être et d’y arriver.

Mz : Il y a un circuit rock sur Paris, un peu "branchouille" très stéréotypé The Strokes. Malgré vos influences anglo-saxonnes justement vous semblez être à l’écart de ce phénomène de mode...

S : Justement on se tient à l’écart et on en est fiers...

O : Quand on a commencé la musique il y avait très peu de gens qui faisaient du rock sur Paris et qui aimaient le rock. Dans les années 90 la scène était très funk donc maintenant qu’il y ait plein de groupes de rock je trouve ça génial. Maintenant le problème c’est que c’est devenue une mode, fabriquée par des médias. Nous on n’a jamais été "branchouilles" donc on n’a jamais été démodés, on garde notre rythme.

Mz : Revenons en à ce nouvel album réalisé par Scott Greiner (100 Watt Smile). Comment s’est faite cette collaboration ?

A-L : A la base c’est un ami, un américain qui est venu s’installer à Paris il y a quelques années. On avait pas mal d’activités sur le plan musical et on avait très envie de travailler avec lui. Ce genre de situation apporte des collaborations exceptionnelles humainement et artistiquement.

O : Il faut dire qu’il avait un CV assez impressionnant. Aux Etats-Unis il a travaillé avec beaucoup de groupes plus ou moins connus. Mais avant tout c’est un ami...

S : Oui et au delà du CV, c’est la personne qui est très intéressante. Il a une façon d’aborder l’enregistrement de la musique qui est salutaire. Il nous a rappelé des choses élémentaires et une façon naturelle d’appréhender l’enregistrement. Tout le monde est bluffé par le résultat alors que des trois c’est celui qui a couté le moins cher.

O : Et toutes les critiques disent qu’il sonne bien mieux que ceux d’avant et ça c’est vraiment dû à lui, il a mis sa patte dessus.

Mz : A-t-il vraiment modifié votre manière de travailler ?

A-L : Il a simplifié mais dans le bon sens du terme.

O : Tout parait plus simple avec lui. Avant on s’enfermait à quatre et on faisait absolument tout, je m’enfermais à mon tour seul pour écrire les textes et ensuite on choisissait un réalisateur en fonction de son CV. Puis on partait dans un gros studio en Angleterre ou autre.
Scott est un excellent guitariste à la base, il avait joué avec nous à la fin de la dernière tournée quand Léo a décidé de partir donc on lui faisait confiance sur le plan technique. Dès le début quand on composait une chanson, avant de passer à la suivante on lui soumettait, il nous donnait son avis et nous proposait deux-trois idées et dès qu’on avait quatre ou cinq morceaux on allait enregistrer dans un studio ou dans un théâtre sans réfléchir en terme de produit final ; on y allait spontanément. Lui ensuite travaillait dessus au niveau du mix, moi j’écrivais un petit bout de texte, on s’échangeait des idées, c’est comme si il avait fait partie du groupe.

Mz : Désormais en trio comment allez-vous aborder les concerts avec les anciens morceaux notamment ?

O : Il y a un monsieur qui s’appelle Mathias Freddy qui humainement est devenu un vrai pote, il va jouer avec nous sur scène les parties de guitare que je ne peux pas faire.

Mz : Comment s’est passé la rencontre avec Mvs records ?

S : Par hasard en fait. A la base on était partis pour faire le disque seuls avec le label qu’on a créé (Yelö). L’enregistrement de l’album était fini avant même la rencontre avec Mvs. On avait trouvé un distributeur et c’est lui qui nous a présenté le directeur artistique de Mvs.

O : Et il nous a dit qu’il adorait l’album et qu’il souhaitait établir un partenariat avec nous. Mvs s’occupe de tout ce qui est marketing, promo etc.. et nous on a gardé toute la partie production. Et ça aussi c’est nouveau pour nous car nous sommes responsables à 100% de la musique, de l’objet disque et de la pochette.

Mz : Lorsque vous composez, que privilégiez-vous en premier, la musique ou les textes ?

O : La musique à 90%. On commence toujours par une idée de l’un ou de l’autre, par un thème musical, une petite mélodie qui sonne. On travaille là-dessus, on fignole, on s’échange les idées et une fois que ça ressemble à un morceau avec une ligne de voix complète là je me mets à écrire le texte. Sur ce disque la nouveauté c’est que tout le monde chante un petit peu, Anne-Lise surtout. Il y a même des chansons qu’elle a écrite ou sa voix sonnait mieux que la mienne. Il y a egalement des chansons qu’elle a écrite et que moi je chante. J’ai écrit tous les textes mais selon que c’était pour Anne-Lise ou pour moi je n’écrivais pas la même chose. On a fait une démarche assez rare en français car on a privilégié les sonorités et ça c’était pas évident (rires).

Mz : Avez-vous découvert un public différent à l’étranger ?

O : En France il y a déjà des publics différents sans faire de clichés le rock marche mieux dans le nord que dans le sud donc par extension c’est en Belgique qu’on a le plus de succès car ce sont des gens qui sont vraiment sensibles au rock, au rock mélodique.

Mz : En France, selon vous, pourquoi n’y-a-t-il pas de public rock ?

A-L : C’est culturel, historique, le rock est assez nouveau en France.

O : Il n’y a jamais eu de vraie scène rock en France à part quelques groupes qui ont cartonné comme Téléphone. C’est pour ça que c’est bien ce qui se passe en ce moment mais seul l’avenir nous le dira. Tu regardes dans les lycées, tous les jeunes ressemblent aux Strokes et ça c’est plutot bien.

Mz : Beaucoup de jeunes groupes utilisent internet pour se faire connaitre, vous qui avez construit votre carrière sans cet outil, qu’en pensez-vous ?

O : Internet a changé les choses en bien. On est plus libres maintenant. Par exemple si on n’avait pas trouvé Mvs, on aurait pu mettre notre musique en ligne et faire simplement des concerts pour gagner de l’argent, pour vivre. Mais au delà de ça un groupe qui a de bonnes chansons peut les proposer librement sur internet sans avoir l’accord d’une maison de disques. Le contre-sens c’est qu’il y a beaucoup d’offres, c’est dur de choisir...

S : Même dans la façon de composer ça a changé beaucoup de choses, quand on trouve une idée on peut se l’envoyer on n’est plus obligés d’attendre la répèt’.

O : Ouais c’est vrai, ça a changé beaucoup de choses, bientôt on aura même plus besoin de savoir jouer (rires).

Mz : On dit souvent du rock qu’il est contestataire, vous avez choisit d’être "anti-rebelles"...

O : Je suis d’accord. Mon groupe préféré c’est les Pixies, qui est un groupe poétique, imagé et pourtant en soi c’est de la rébellion. Nirvana qui étaient des rebelles, des vrais punks, dans leurs chansons il n’y a pourtant aucune contestation écrite dans leurs chansons. La contestation au premier degré je trouve ça inutile genre "a bas le racisme", même si on est tous d’accord, on y est déjà tous très engagés dans nos vies personnelles donc c’est autre chose. Parler du racisme dans une chanson je ne vois pas l’intérêt car ça ne changera pas les mentalités, le texte d’une chanson ne peut pas changer le monde. Je préfère une chanson qui traite de comment on voit la vie, ça j’y crois mais c’est plus une ambiance, pas une leçon qu’on nous donne.

Mz : L’album est sorti il y a une semaine, avez-vous déjà des retours ?

O : Des médias oui et ce sont plutôt des bonnes critiques, et on reçoit des mails de félicitations de notre public.

Mz : Quel recul avez-vous par rapport à vos débuts ?

O : Le fait d’être trois au lieu de quatre maintenant ça change beaucoup, ça enlève quelque chose pour en apporter une autre. Et c’est tant mieux finalement. L’album précédent qui avait dérouté beaucoup de fans nous on en étaient très fiers car on ne veut surtout pas se répéter. Et on aime bien surtout ne pas subir les modes, par exemple au moment de faire le second beaucoup faisaient du rock avec des grosses guitares genre métal et un chant mélodique à la manière de Kyo. Alors que nous on a fait quelque chose de plus électro plus calme que le premier. On n’aime pas faire ce que les gens attendent de nous, par exemple maintenant je vais me mettre à la danse (rires), sur scène je danserai histoire de surprendre les gens.

Mz : Avez-vous une tournée de prévue ?

O : On joue le 24 juin à la Boule Noire à Paris pour présenter l’album, ensuite on a un festival cet été je crois et la tournée commence vraiment à partir du mois de septembre un peu partout en France et en Belgique aussi.

Mz : Avez-vous testé vos nouveaux morceaux sur scène ?

O : On n’a pas rejoué sur scène depuis qu’on a finit de composer, ça va être un vrai défi justement de monter sur scène et de jouer des nouveaux morceaux qu’on n’a jamais joué à part en acoustique il y a une semaine.

Mz : Vous qui avez connu une major et qui êtes aujourd’hui chez un label indépendant, que préférez-vous ?

O : Sans hésitation les labels indépendants. Ca parait facile de dire ça parce qu’on n’est plus chez une major. Les majors ça peut être très bien mais c’est un peu comme au cinéma : quand le fim sort le mercredi tu peux savoir le jour-même si tu es foutu. Chez une major c’est pareil. S’ils croient en toi ils mettent le paquet en amont au niveau marketing seulement si au bout de deux semaines ils n’ont pas les résultats escomptés ils te laissent tomber. C’est compréhensible ce n’est même pas un reproche, de toute façon ils sont là pour gagner de l’argent. Et puis ils ont tellement de groupes sous la main que si jamais un ne marche pas c’est pas grave pour eux ils se rabattent sur un autre qui marche et qui rapporte de l’argent histoire de recouvrir le tout. Le reproche qu’on peut faire aux majors c’est de ne pas travailler sur le long terme. Un label indépendant est obligé de travailler sur le long terme et d’y croire un minimum de temps. Si on n’est pas un ex de la star ac’, il vaut mieux alors signer sur un label indépendant.

Mz : Allez pour finir, une question un peu plus légère. Que peut-on vous souhaiter pour le futur ?

O : Plein de tunes (rires), non je plaisante. De garder l’envie intacte, de ne pas continuer malgré nous.


Liens : www.daisybox.com /
www.mvsrecords.com

Un grand merci à Clarisse de Mvs Communications et à Daisybox.

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