||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

CHAMPION // Itw2

Quelques jours après son concert à Paris-Plage nous retrouvons Champion, Maxime Morin de son vrai nom venu présenter son album de remix pour lequel il a demandé à ses amis dj et producteurs de revisiter son univers de rock-électro endiablé. Toujours aussi affable, généreux et passionnant, l’enfant chéri des platines nous raconte avec toujours autant d’humour son parcours depuis sa dernière tournée française. Grand moment.

Mz : Nous nous sommes rencontrés en octobre avant même ta tournée française. Qu’as-tu fait depuis ?

Champion : On a joué (avec les G-Strings, ndlr) au South By Southwest au Texas qui est une des plus grandes manifestations musicales au monde. Pendant 4 jours il y a environ mille groupes qui se produisent, c’est extrême, j’ai jamais vu ça. Sur l’avenue principale dans chaque club et chaque restaurant et à chaque étage il y a des groupes qui jouent, c’est une cacophonie extrême (rires). En fait c’était super cool car il y avait six groupes montréalais et dans le club ou on jouait il y avait deux étages juste pour nous. Avant de partir on se disait :" Merde jouer au Texas ça va être dégueu on va se faire chier", en fait Houston c’est génial comparé à New York ou Los Angeles, c’est tellement décalé de l’image qu’on a du Texas même des Etats-Unis. C’est une ville étudiante, très jeune, super cool, j’adore Houston (rires).

On a fait une tournée canadienne aussi dans l’ouest du Canada de Victoria à Vancouver jusqu’à Québec, en passant par Toronto et sur notre passage on s’est produit aux Juno Awards l’équivalent canadien des Victoires de La Musique. Ensuite on a refait une tournée canadienne mais dans le sens inverse (rires). On a joué à Vancouver dans un endroit qui s’appelle The Fabulous Commodore Ballroom, c’est une ancienne salle de bal reconvertie en salle de spectacle. Le plancher est fait de pneus donc quand les gens dansent ça rebondit. La scène aussi est magnifique, il y a des grandes fenêtres de chaque côté ce qui fait que tu vois toute la ville. C’est selon moi la plus belle salle de spectacle au Canada.

Mz : Tu te produis sur scène avec les G-Strings mais tu te produis egalement seul derrière tes platines dans les clubs. Peux-tu nous parler de cette deuxième activité ?

C : Je fais beaucoup de dj-set au Québec et pratiquement uniquement au Québec. Five Work organise souvent des conventions donc quand il m’engage j’y vais car il paye super bien (rires). Ca me déplait pas d’y aller parce que ça me permet de me remettre en contact avec mon univers electronique. Avec le groupe on fait des festivals, musicalement c’est très rock donc jouer dans les clubs pour moi c’est retourner à la source, à la techno pure. C’est important de bien s’équilibrer.

Mz : Cet hiver tu étais en tournée française. Tout s’est bien passé ?

C : Ouais que des bons souvenirs ! A l’Ubu à Rennes c’était débile ! (rires) C’est pas enorme l’Ubu environ 400 ou 500 personnes, c’était rempli à craquer et il faisait chaud mais vraiment super chaud ! Sur scène à force de sauter on manquait d’oxygène, le public était en délire, on s’est mariés avec le public ce soir-là, on a fait l’amour (rires). C’était vraiment le "hilight" de cette tournée là. Pour le premier concert on était à Auch et il y avait eu très peu de promo pour ce concert donc il y avait très peu de gens mais vraiment très peu. Le dernier show qu’on avait fait c’était à Québec au Métropolis devant 2500 personnes. A Auch c’était une toute petite salle à moitié remplie et on s’est un peu planté car on avait la même approche qu’au Métropolis, on était un peu destabilisés et j’ai pas réussi à établir de contact.

Le lendemain on jouait à Cognac dans les mêmes conditions donc cette fois-ci je me suis pas laissé avoir, j’ai pris le micro et j’ai parlé avec les gens leur expliquant qu’on allait faire un show intimiste. Et finalement ça a été un show mémorable devant 30 ou 40 personnes. On était super fiers de nous (rires). C’est important de créer des liens avec le public car qu’ils soient 2500 ou 30 les gens ont payé leur billet donc tu te dois d’assurer. A Lyon ou Strasbourg je me souviens plus, le catering avait fait de la tartiflette et nous on adore la tartiflette, on en a beaucoup mangé donc sur scène le soir on était tous ballonés c’était une horreur. La tartiflette c’est bien mais pas avant un concert ! (rires).

On a fait Montpellier et je sais pas pourquoi sur la route je me trompais tout le temps je disais qu’on allait jouer à Marseille. Montpellier est une ville géniale, très belle avec plein d’étudiants partout. Le concert était génial, le public était dedans, à fond et nous aussi. A la fin du concert j’ai pris le micro et je me suis planté, j’ai crié "Salut Marseille" !" (il éclate de rire). Tu vois ce genre de truc ça t’arrive une fois dans ta carrière, j’avais envie d’aller me cacher en dessous la dalle de béton, quelle honte ! (rires). On a joué à Nantes aussi ou il y a un super public, le public nous connaissait déjà là-bas parce qu’on y avait déjà joué l’année dernière dans un festival. De manière générale le public français est généreux et gourmand, il en veut beaucoup et te rend beaucoup en échange, c’est vraiment cool ! J’ai pas vu de public moche en France. Même à Paris le public est très bon bien mieux qu’à New York ou Toronto ou le public ne bouge pas.

Mz : Tu es souvent en tournée, là ou se produisent souvent des imprévus. Une anecdote qui t’a marqué ?

C : A Vancouver, une fille m’a demandé de lui signer un autographe sur le sein, c’est la première fois que ça m’arrivait (rires). Un papier quand tu le signes tu le tiens mais un sein comment tu fais, il y a pas de manuel (rires). La fille jouait le jeu c’était marrant...

Mz : Comment t’es venu l’idée de sortir un album de remix ?

C : L’idée c’est de donner quelque chose à manger au public surtout au Québec ou l’album est sorti un an avant de sortir ici donc les gens commençaient à s’impatienter un peu. Au Québec il y a un très beau public aussi donc on se sentait pas vraiment obligés mais plutot le besoin et le désir de donner quelque chose aux gens. Sortir un nouvel album maintenant aurait été une mauvaise idée donc on a préféré sortir un album de remix avec principalement des amis à nous. On n’a pas voulu des grands noms genre Fatboy Slim, on a voulu essentiellement des artistes montréalais parce qu’on les connait, ce sont des amis. Parmi eux il y a des dj qui ont quelques difficultés à fonctionner donc je trouvais gratifiant de leur proposer une vitrine, de travailler avec cette communauté de dj.

Mz : Es-tu restés près d’eux lorsqu’ils ont travaillé sur tes morceaux ou leur as-tu laissé carte blanche ?

C : Je voulais pas que les dj en question fassent du dj champion, je voulais qu’ils restent fidèles à leur univers, comme par exemple Ghislain Poirier je voulais qu’il fasse du Ghislain Poirier. Le seul pouvoir éditorial que je me suis permis c’est d’accepter ou de refuser. J’ai d’ailleurs refusé un seul remix. Les gens que j’ai engagé pour faire ces remix je les ai engagé pour qu’ils soient eux-mêmes. Je voulais pour ce disque aller chercher l’essence même des gens invités à travailler.

Mz : Comment les fans de Chill’Em All ont-ils réagit par rapport aux remix ?

C : Certains aiment et certains aiment pas. La chose importante pour ce disque c’est qu’on s’est dit :"Let’s go techno". Chill’em All a une portée très pop que j’adore autant que le public pop. Pour les remix j’ai voulu réaffirmer mes origines electroniques, underground, à gauche. C’est pourquoi le remix album est très à gauche, très techno. Donc certains fans ont vraiment pas aimé car beaucoup sont des fans de rock, ils aiment Chill’Em All pour les guitares donc le côté techno ça les rejoint beaucoup moins. Je m’attendais à ce genre de réactions mais je regrette rien, pour moi le remix album c’est une façon de préparer les fans au deuxième album et de leur dire " vous nous connaissez d’un angle pop mais on est quand même très à gauche". On laisse la porte ouverte pour la suite, on ne veut pas créer d’attente.

Mz : C’est toi qui a choisi la pochette ?

C : (hilare) Hélas non ! C’est Barry l’un des guitaristes qui a pris la photo et qui a géré le concept avec les gens de Saboteur Musique. C’est sympa c’est comme un remix de la photo du premier album en quelque sorte (rires). C’est une très jolie fille que j’ai eu la chance de rencontrer d’ailleurs, elle est très cool (rires).

Mz : En tant que dj, penses-tu un à ton tour remixer les morceaux des autres ?

C : Ouais je l’ai fait tout recemment pour des artistes canadiens. J’ai fait un remix de "I put a spell on you" de Screamin Jay Hawkins, j’en ai fait une blue-song avec des filles qui chantent par-dessus, la batterie jazz je l’ai fait jouer d’une manière techno avec la grosse caisse essentiellement.

Remixer les artistes c’est très interressant, je préfère le faire avec des morceaux que j’aime pas, c’est un défi, c’est très excitant. Une pièce que j’aime j’ai pas envie de la changer puisque je l’aime déjà.

Mz : Penses-tu un jour inviter sur scène les artistes qui ont remixé tes morceaux ?

C : Oui. On a joué il y a deux semaines à Ottawa pour le Jazz Fest. Pat Watson était programmé le même jour que nous sur la même scène à une demie-heure près. Il était encore sur place quand on a joué, à un moment du concert je le vois en backstage faire des grands signes alors je lui ai dit de monter sur scène avec nous et c’était super cool. Tous les gens qui ont participé aux remix à part Mocky et dj Grand Pubah sont des amis donc on fait souvent des soirées dj-set ensemble, alors si on partage pas de la musique ce sera de l’alcool (rires).

Mz : Cet été c’est la tournée des festivals...

C : Ouais attends j’ai la liste... Le 27 nous serons à Malestroit, c’est en France (rires) festival au Pont du Rock. Le 28 à Payzac c’est en France aussi (rires) festival Pleine Lune, on joue sous l’église, cool !. Le 29 à Sumène pour le festival Les Transes Cevenoles et le 2 aout à Brest pour les Jeudis du Port, la scène grand large.

Mz : Il y a quelques jours tu as joué à Paris-Plage (vendredi 20 juillet,ndlr)

C : Ca ça fait partie des shows les plus cool. Tu joues à l’extérieur, il fait pas encore nuit, c’est gratuit et il y a du monde, il y a toute la famille c’est parfait. Jouer la nuit vers 1h du matin c’est cool sauf que tu joues pour des ivrognes de 22 ans. J’aime quand c’est hétéroclyte, j’aime pas jouer pour des gens trop bourrés. J’aime quand les gens sont capables de capter les subtilités, capables de s’enflammer. A Paris-Plage il y avait des enfants de 4 ans et des gens de 60 ans, on a joué à 19h30, il faisait bon, c’était super cool ! Le seul bémol c’est qu’on a joué seulement 50 minutes.

Pour la plupart des gens qui étaient présents c’était un premier contact et pour un premier contact j’aime bien faire un show de 1h10-1h15 pour prendre un envol, faire des petites montées, redescendre un peu et tranquillement monter ensemble jusqu’à la fin. A part ça je suis très fier de ce concert, on a eu un super beau public. En plus c’était organisé par la Fnac, l’équipe était composé de filles qui aiment vraiment la musique et le festival, c’était vraiment top !

Site web : www.djchampion.net
Label : www.saboteurmusique.com
Promo : www.boxson-prod.com

Merci à Anne-Sophie (label Boxson) pour sa confiance et Champion pour sa disponibilité

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