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Ninja Tune (2006)

BONOBO

Days to come

On l’a attendu ce nouvel album de Bonobo avec l’impatience juvénile d’un beau cadeau de noël arrivé comme par enchantement avant l’heure. Et c’est tant mieux car cette épouvantable attente nous a largement été récompensé. On avait fort à parier que les trois titres apéritifs (dégustation octobre) nous annonçait une belle entreprise, une escalade suprême vers la beauté d’une splendide réussite. Bingo ! Cette fois-ci après confirmation, nous pouvons donc l’affirmer haut et fort, Simon Greene signe une toile de maître d’une valeur inestimable. Accompagné par la voix suave de Bajka (prononcez Biker), apportant la dimension grandiose à ce disque incroyablement surréaliste : mélancolique par ses notes sombres et son univers polissé et totalement optimiste par la qualité d’interprétation. S’imposant depuis ses débuts comme l’un des maîtres incontestés du mouvement "chill out", Greene demeure donc en figure de proue de ce genre de musique très sollicité par Ninja Tune (et ils ont eu le nez creux en le signant chez eux !). Finalement l’album ne déçoit à aucun moment car il configure avec justesse l’idée qu’on s’en était faite après l’écoute du premier maxi. Si Bajka (qui a déjà sorti des albums chez Ubiquity et Compost), envoûte avec sa voix, héritière parfaite de Aretha Franklin, il ne faut pas négliger les magnifiques instrumentaux ("Ketto", "Recurring") composés intégralement par Mr Greene ou encore l’autre valeur montante de Ninja Tune, Fink, qui prouve ici que les espoirs misés sur sa personne sont loin d’être infondés en s’embarquant dans un génial couplet pop-nostalgique ("if you stayed over").
Plein de magie, de grâce et de réelle intensité, "Days to come" est un album à ne pas laisser passer car on aurait presque envie de dire que plus le temps passe et plus Bonobo prend de l’ampleur, en somme il n’est pas prêt de mettre un point d’honneur à ses activités et c’est tant mieux. S’il est connu que le bonobo est l’un des plus savants primates alors l’aptitude musicale de son congénère est indiscutable, ici il n’est plus question de maturité mais de précocité. Road-movie intemporel, transe jouissive et discrète, dès la fin du disque on en redemande et nous voilà doublements gâtés puisqu’un deuxième chapitre s’ouvre sur les versions instrus des perles interprétées par Bajka. Même si on préfèrera de loin les versions servies par la chanteuse nomade, le dj/bassiste anglais nous fait tout de même plaisir en nous livrant ces diamants précieux comme des émeraudes. Entre trip/hop, ambiances jazzy et soul des 70’s, "les jours à venir" s’annoncent ensoleillés et riches émotionnellement. Le maître de l’électro down-tempo a encore frappé, enfin plutôt laissé une nouvelle emprunte de son inspiration drastique, drapée de velours et sublimée dans le calme effervescent d’un splendide condensé d’émerveillement. On espère désormais être dignement et pleinement comblés avec une tournée afin de faire honneur à ce disque essentiel. Car en bon multi-instrumentiste Greene a pour habitude de défendre son travail studio avec son groupe (au sein duquel il tient la place de bassiste), avec la force tranquille des grands. Vivement que la lumière ténébreuse qui se dégage de cet album éthéré vienne jusqu’à nous en symbolisant un concert comme Bonobo aime les faire : magiques.

Label : Ninja Tune
Lien web : www.bonobomusic.com

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