||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

BAC DE PHILO = RHUME DE CERVEAU

Chaque année médiatique a ses rituels, ses petites habitudes pour meubler la vacuité intellectuelle qui l’anime. Ainsi, il y a l’époque du beaujolais nouveau (qui a goût de banane, de noisette, de pesticide ou d’engrais chimique), des départs en vacances d’été avec bison futé, en vacances d’hivers (y aura-t-il de la neige ??? totale angoisse !!!), du Tour de France et son corollaire (mais sont-ils tous dopés ?). Il y a aussi la période des inondations catastrophiques (avec Mme Chombier qui a plein d’eau dans sa cave et qui se demande comment elle va faire pour payer tout ça) et les sécheresses calamiteuses (avec Mr Marcel qui s’inquiète de sa récolte de maïs OGM et demande l’aide du contribuable pour une danse de la pluie).

Dans le prolongement de cette liste non exhaustive d’images qui reviennent inexorablement caresser notre rétine, le sujet journalistique bateau qui m’intéresse aujourd’hui c’est : le bac de philosophie.

Ah ! La philosophie ! Ah ! L’amour de la sagesse ! Serait-ce le propre de l’homo sapiens ? Sapiens, sapience, ce mot merveilleux qui uni pour le meilleur, les termes majestueux de sagesse et de patience qui, cela va de soi, sont inséparables. Comment suivre la voie de la sagesse sans prendre le temps d’y réfléchir ? La précipitation dans l’action sans réflexion préalable, serait donc de l’ordre de la bêtise ? Il faudra le rappeler à notre Président qui pense que l’efficacité de sa gouvernance se lira par le prisme de sa rapidité d’action. Aller trop vite en besogne est la meilleure manière de faire de grosses conneries.

A propos, une nouvelle rubrique médiatique vient d’être ouverte dans les médias de propagande officielle : Tout sur Nicolas. Nous avons déjà eu droit à Nicolas fait son footing, Nicolas se baigne dans la mer, Nicolas joue au ballon avec son fiston, Nicolas dîne au Fouquet’s. Bientôt sur vos écrans : Nicolas fait un gros dodo, Nicolas fait son pipi et son caca, les selles sont bonnes et il est en bonne santé. (Jadis, on n’avait connu tout ça avec le Roi Soleil).

Mais je m’égare. Donc, voici les sujets de philo de l’année, à la volée :

Toute prise de conscience est-elle libératrice ? Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ? Que vaut l’opposition du travail manuel et du travail intellectuel ? Les œuvres d’art sont-elles des réalités comme les autres ? Peut-on en finir avec les préjugés ? Que gagnons-nous à travailler ? Les échanges favorisent-ils la paix ? Les lois sont-elles l’œuvre de la raison ?

Une première pensée sans ambition s’impose à mon esprit : la philo que c’est rat ! et non le phylloxéra.

Phylloxéra (nom masculin)

Genre d’insectes hémiptères (pucerons) dont une espèce attaque la vigne. Maladie de la vigne

hémiptère (nom masculin)

Ordre d’insectes dont la bouche est en suçoir et comporte une épine perforante.

Voilà, ça c’est fait. Au moins, vous aurez appris un truc en lisant ma prose.

Maintenant, tentons une approche concise, certes désinvolte, mais tout de même pertinente, de ces sujets tordus, en les plongeant dans l’actualité nationale dans la mesure du possible.

Toute prise de conscience est-elle libératrice ? Ah, Ah ! En voila une question à deux euros ! Car elle part d’un préalable qui est : nous ne sommes pas libres ! Mais pas libre de quoi ? L’enfant qui vient de naitre n’est pas libre d’aller voir le dernier Shrek au cinéma. Et alors, il s’en moque (il n’a pas vu le n°1 et le n°2). La conscience donc, doit apparaître avec les premiers symptômes d’une altérité de sa propre liberté. Par conséquent, la prise de conscience ne peut être libératrice que si elle entraine des choix cherchant à atténuer sa propre servitude. Sinon, mieux vaut finalement éviter de se poser toute ses questions pour rester libre et con à la fois, et continuer de regarder TF1 dont la vocation est de libérer nos esprits de toute tracasserie existentielle, pour y faire entrer les beaux messages publicitaires (ce n’est pas moi qui le dit, c’est eux, même d’abord !).

Tout dépend finalement des causes du manque de liberté qui nous oppresse. Suis-je asservi par la réalité du monde qui m’entoure, ou par mes désirs inassouvis qui me donnent le sentiment de n’être pas libre d’aller voir Shrek 3, parce que je suis fauché, merde ! Eh oui, Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ? (pas mal le lien entre les deux sujets. Tu ne trouves pas ?) Et pour répondre, je fais appel à un vieux sage grec du nom d’Epicure (un petit Epicure de rappel) qui disait fort justement : « rien ne suffit à celui qui considère comme peut ce qui est suffisant ». Car enfin, la prise de conscience de mes véritables besoins, me libérera de tous mes désirs superflus. Mon besoin de boire et manger est une réalité naturelle, j’en ai donc le désir vital et il me faut l’assouvir pour me libérer de ma faim et ma soif. Ou alors, je meurs ! Mais mon désir d’aller voir Shrek au cinéma, apaisera t’il quoi que ce soit en moi ? (D’autant plus que Shrek ne me surprend plus depuis qu’il s’est rangé du côté des puissants, qu’il s’est fixé avec une nana, et qu’il va reprendre la boite de beau papa. Tu vas voir qu’ils vont nous faire un petit ogre !! Non vraiment le Shrek rebelle et paria de la société à été récupéré. C’est comme Johnny qui vent du café et des lunettes de vues). L’assouvissement de nos désirs ne sera libérateur qui si nous avons conscience de leur nécessité, et la satisfaction d’un désir qui n’est point vital est-il nécessaire ?

D’autant plus que pour payer mon billet pour Shrek, je vais devoir travailler plus pour gagner plus. Mais que gagnons-nous à travailler ? La réponse qui s’impose immédiatement à notre esprit est : du pognon ! Des tunes pour manger et être libre de faire ce qui nous plait, et frimer les gonzesses !!! Pour payer l’assouvissement de mes besoins vitaux, mais surtout de mes envies superflues qui s’imposent à moi par le biais des messages publicitaire de TF1 (PUB : Je suis beau, intelligent, un winneur car je possède ce produit merveilleux. Si tu ne l’achètes pas, t’es vraiment trop nul, trop moche, t’es un looseur !). Nous rentrons ainsi dans un cercle vicieux. Notre asservissement à notre travail oppressant engendre notre envie maladive de liberté que nous exprimons en dépensant le fruit de notre labeur dans la consommation ! Je dépense, donc je suis. Je dépense plus, donc je suis plus ! Au nom de ma liberté, on m’impose, je m’impose la servitude.

Mais bien heureusement, je peux éprouver du plaisir dans mon travail, qu’il soit physique ou mental. Que vaut l’opposition du travail manuel et du travail intellectuel ? Nous tombons ici dans les limbes dualistes et religieuses, du bien et du mal. Ouah, ça déchire ! Je m’explique : Notre monde de mortels qui veulent se croire immortels, a trouvé la solution pour imposer son mensonge : le corps meurt, mais l’esprit survit. Le corps n’est qu’un véhicule inférieur de notre esprit supérieur. Donc tout ce qui à trait au corps est beurk et tout ce qui à trait à l’esprit est wouaih ! Cette opposition hiérarchise toutes les facettes de nos vies, tel le travail. En résumé : le manuel c’est pour les cons et l’intellectuel c’est mieux. Voila un préjugé avec lequel il conviendrait d’en finir, mais nous y reviendrons. "Travailler de ses mains, c’est une façon de matérialiser l’intelligence" (Richard Lacortiglia). Preuve en est, la réalité de la sublimation de l’intellect dans le travail artistique qui associe le cogito à sa concrétisation manuelle.

Les œuvres d’art sont-elles des réalités comme les autres ? (ok, l’enchainement n’est pas terrible). Reprenons la théorie du mensonge sur notre immortalité qui nous impose de construire une autre réalité. Le rôle de l’art serait alors de chercher à sublimer cette réalité, de la contourner, de la transcender, afin de retrouver la réalité première. La réalité dans laquelle nous vivons étant un mensonge, l’art est né de se mensonge pour l’affirmer ou le dénoncer et chercher à atteindre la véritable réalité. Mais si jamais il y parvient, il n’a plus lieu d’être (chômage technique). Donc l’art, ne parvient qu’à transfigurer la réalité du mensonge. Les œuvres d’art ne sont donc pas des réalités comme les autres, mais des mensonges comme les autres. Vous me suivez ? Parce que moi, je ne me suis plus. Plus simplement, il faut dissocier notre perception de la réalité et la réalité absolue. Puisqu’il y a autant de perceptions différentes que d’individus. Sommes-nous condamnés, à jauger de la réalité par le prisme de notre subjectivité ? Et l’art n’est-ce pas la subjectivité par excellence. (ça sent le hors-sujet).

Continuons. Les échanges favorisent-ils la paix ? Non. En effet, pour échanger, il faut avoir quelque chose à apporter en contrepartie d’autre chose. Si l’on n’a rien. Pas d’échange. C’est le partage qui favorise la paix. Partage ou échange ? Solidarité ou business ? Amour ou argent ? C’est tout le drame de l’humanité. Mais comme disait Jésus : « aimez vous les uns les autres ».

Les lois sont-elles l’œuvre de la raison ? J’en appelle à Rousseau qui écrivait un truc dans le genre : Si les lois ont pour rôle de protéger le faible de la violence du fort, nous constatons qu’elles servent le plus souvent à préserver le fort des revendications du faible. Donc les lois sont l’œuvre de la raison…du plus fort qui est toujours la meilleure.

La fin de ma copie est un peu bâclée, j’en conviens.

Que faut-il en déduire ? Que le but de la philosophie est de tenter de rapprocher notre subjectivité individuelle de la sagesse objective et ineffable de l’Univers, puisque nous en sommes les fruits. Est-ce un vœu pieux ? Oui, si ma théorie du mensonge originel évoquée précédemment est judicieuse. Il faudra en finir avec ce préjugé fondateur de l’humanité. Car comme le pensait Albert Einstein : « on ne résout point des problèmes avec les modes de penser, qui les ont engendrés ».

Bien, sur ce, je vais me coucher car j’ai choppé un petit rhume de cerveau. De toute manière, ma copie vaut quatre points sur vingt.

PEIMPOURTE, un ami qui te veut du bien.

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