||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

Discograph (2007)

AARON

Artificial Animals Riding On Neverland

Si les victoires de la musique étaient à refaire, le lauréat numéro 1 toute catégorie confondue serait sans concession Aaron. La rencontre parfaite entre deux petits génies rois de l’arrangement torturé. Simon Buret (chant, auteur/ compositeur) et Olivier Coursier (compositeur/arrangeur) sont entrain de devenir le duo le plus complémentaire du moment. Leurs chansons souvent autobiographiques déchantent les moments réalistes de la vie de tout un chacun à savoir les relations désirées, fantasmées ou difficiles. Des chansons à couper le souffle ou le dédain des amours trahis vient se maudire dans une valse macabre. Le souvenir douloureux des amours déchus et la chute sommaire dans le monde superficiel des paradis artificiels est narré ici sans détour, sans fausse pudeur. A l’écoute des treize titres on retient son souffle comme sublimé par une flagrante beauté assassine. Les frissons d’abord à l’écoute de ce single ("U-turn Lili") extrait de la Bo du film "Ne t’en fais pas je vais bien" de Philippe Lioret puis l’émerveillement avec "Mister K" ou encore l’entêtant "Blow". Mais inutile de citer chaque titre individuellement car chacun possède son petit arrangement parfait qui fait pleurer les chimères et plonger dans de profonds abysses les souvenirs passés.

La voix en corde raide de Simon est saisissante, ses propos nous prennent à la gorge et le piano en patte de velours nous transporte. On se retrouve parachuté dans un dédale de mélancolie et de tristesse dépeint avec la plus pure sincérité. Le poète semble s’adresser à sa muse malade qui le fait souffrir, et nous, spectateurs attentifs, assistons à cette brutale descente aux enfers inquiets d’être entraînés dans sa chute. Simon Buret, comédien à la première heure semble avoir trouvé son alter ego en la personne de Olivier Coursier (ex-guitariste de Mass Hysteria). Les deux hommes nous livrent ici une pièce maîtresse, un somptueux chef d’oeuvre rare et intense. Impossible donc de passer à côté de ce disque intimiste et ténébreux qui s’annonce brillant comme un soleil noir. Même le seul titre en français ("le tunnel d’or") est source d’émerveillement avec ce texte écrit comme une lettre d’amour perdue dans l’éternité des souvenirs. Plus qu’un appel au secours c’est la face cachée d’un homme sensible et à fleur de peau qui ose se dévoiler et conter sa propre souffrance. Le temps se fige, perception déstabilisante de quelques instants fugaces ou plus rien ne compte. Désert de pensée, allégorie de la douleur, ce disque se fait ennemi de l’ennui et se place comme une ultime référence musicale. La concurrence s’annonce rude car la barre est placée si haut qu’elle en toucherait presque les étoiles. Il est bien question ici d’un rêve : celui d’un album qu’on attendait comme le messie. Se faisant foi de prophétie, Aaron est un disque déroutant, envoûtant, essentiel.
En un seul mot : magique !

Label : Discograph
Lien web : www.aaronwebsite.com

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