||||||||||||||| DOMINO PANDA |||||||||||||||

 

8ND

"Hit the road" est le deuxième EP du groupe parisien en un peu plus d’un an. On ne peut pas dire qu’ils enregistrent pied au plancher, mais la route qu’ils tracent est cohérente et ils en explorent patiemment les bas-côtés. Le quatre-titres "Hit the road" est, dixit les &ND’s eux-mêmes, en tous points meilleur que son prédécesseur "Play it now". De la disco aux accents post-punk, &ND assume ses influences et son enthousiasme à la mesure de sa pop enlevée.

Mz : Vous êtes quatre musiciens dans le groupe, mais vous êtes également quatre à composer. Ce n’est pas si fréquent que ça. Surtout que vous venez d’univers différents. Pourriez-vous présenter votre travail respectif aux lecteurs de Mz ?

Filipe, guitare : Avant de former &ND, William (basse) et moi avions joué ensemble pendant un an. Nous avions une dizaine de morceaux. De son côté, Vincent en avait... une cinquantaine ! Aussi, nous avons dans un premier temps puisé dans nos répertoires respectifs. Puis, nous avons commencé à improviser et le rôle de Yann s’est beaucoup développé. Certains morceaux sont partis d’un riff de batterie ! En règle générale, Vincent et Yann privilégient l’efficacité et s’impliquent énormément dans la structure des morceaux. Quant à moi, j’essaie de créer des atmosphères et... j’insiste pour déstructurer certains morceaux ! Evidemment, il y a des différends. &ND est une démocratie et je n’apprendrai rien à personne en disant que si la démocratie est le moins mauvais des systèmes, c’est aussi le plus fragile. C’est pourquoi le rôle de William est primordial. William est un peu l’équilibriste du groupe ! Je le vois un peu comme la pierre fondatrice. Il n’y a jamais eu de répète sans William.

William, basse : Je pense pour ma part que le résultat de notre entente musicale est tout simplement un peu le fruit du hasard… de la rencontre de quatre personnalités bien affirmées, pas toujours faciles à vivre, mais certainement très complices et qui, à un certain moment de leurs vies, se sont retrouvées à explorer des univers sonores auxquelles elles n’avaient pas forcément songé dès le départ. &ND c’est donc avant tout un groupe à part entière et chacun de nous sait que notre musique est le résultat de cette complicité, de nos échanges et de cette confrontation. Dans le groupe chacun essaye de s’approprier à sa façon d’un état d’esprit qui soit le plus proche possible de la dimension « live ». Nos morceaux sont le plus souvent le fruit d’une répète où 50% du temps est dédie à des impros. A la fin nous en ressortons avec 3 ou 4 bonnes idées… mais ce n’est qu’avec un peu de recul que ce qu’on pourrait appeler « un morceau de &ND » s’impose comme une évidence. Je pense que tout ces éléments, cette façon de créer, nos quatre personnalités etc. etc. font partie d’un univers de souvenirs et d’expériences dans lequel nous puisons des émotions que nous retraduisons dans &ND chacun à notre manière… c’est-à-dire, pour résumer, avec une attention bien particulière pour le côté dissonant tout en recherchant la mélodie qui accroche immédiatement, la force de frappe qui marque les esprits et le tempo qu’il faut.


Yann, batterie : De mon côté, j’essaie avant tout de trouver le rythme qui racontera la bonne histoire en collant à la mélodie qui m’inspire le plus, ce qui peut venir de la basse, du chant ou des guitares selon les morceaux. Parfois, à force de chercher, le morceau prend carrément une tournure nouvelle et inattendue !

Quelques morceaux partent aussi d’un rythme qui me trottait dans la tête et que j’essaie en début de répétition, pendant que les autres essaient de s’accorder dans le brouhaha, et évidemment ils ne peuvent pas s’empêcher de coller quelque chose par-dessus, parfois cela marche, parfois non…mais c’est toujours un plaisir !
Pour finir, je participe beaucoup à la structure des morceaux, la partie qui fait en général le plus débat d’ailleurs !

Chez Mz on découvre souvent des groupes au nom étrange ou bien encore métaphorique. Le vôtre est carrément énigmatique…..

Yann, batterie : Je crois que le jour où il a pondu ça, William avait abusé du mélange Guinness/Parmesan (Radical).

William, basse : Au début j’étais très intrigué par l’aspect graphique de la chose : les 2 « B » inversées sur les pochettes des album de ABBA, le petit « d » de dEUS etc. etc. etc. …petit à petit le choix de cette lettre « & » offrait des interprétations diverses… une sorte de cycle de la vie : « AND » comme début de quelque chose ou « END » comme « la fin » ??! Personnellement je dis… les deux à la fois !!! Bref, &ND, dans mon esprit rêveur… c’est un peu la pièce manquante entre le « rock » et le « roll »

Filipe, guitare : Nous avons choisi ce symbole « & » pour marquer les esprits. Et aussi parce que nous voulions qu’il y ait deux possibilités : un « a » ou un « e ». J’aime assez l’idée qu’il y ait différentes interprétations possibles.
Je ne comprends pas les groupes qui portent des noms d’aliments ou d’animaux... Je n’ai rien contre les Red hot chili peppers ou les Arctic Monkeys mais, franchement, je ne vois pas l’intérêt de porter des noms pareils.
Le plus souvent, j’aime les noms courts avec beaucoup d’impact. Mais évidemment il y a des exceptions. « Black rebel motorcycle club » ou « The Jesus and Mary chain » sont des noms géniaux avec un côté à la fois très autoritaire et très musical. Ce sont des noms qu’on a envie de prononcer.
Il y a aussi « ...And you will know us by the Trail of dead », un nom tellement difficile à prononcer et à mémoriser que, finalement, ça en devient intéressant !

Vous vous présentez comme un groupe d’électro-rock/post-punk. Votre musique est assez enthousiaste et énergique. Qu’est-ce que vous revendiquez le plus en terme d’inspirations ?

Filipe, guitare : Nous n’avons pas nécessairement tous les mêmes influences. Je suis entré en musique avec U2 et The Cure. Par la suite, j’ai découvert Joy Division, The Smiths ou My Bloody Valentine. Le rock britannique des années 80 représente une grande source d’inspiration. Je n’ai jamais compris le procès fait aux années 80. J’aime la new wave pour son romantisme et sa gravité. Les groupes qui se contentent d’un message hédoniste, du style « Toi et moi, on prend la même drogue, embrassons-nous et tout va bien » m’ont toujours ennuyé.
Aujourd’hui, il y a des tas de groupes passionnants si on se donne la peine de fouiller un peu : Arcade Fire bien sûr mais aussi Animal Collective, Broken social scene, Primal Scream, Flaming Lips ou ...And you will know us by the Trail of dead que j’ai cité plus tôt ! J’aime aussi les Yeah yeah yeahs.

Yann, batterie : nous avons tous des revendications à la fois différentes et similaires, de mon côté, cela doit se situer quelque part entre Pink Floyd et… Morbid angel ? Ce qui est drôle c’est que je me suis mis à écouter des musiques proches de ce qu’on fait après coup… une sorte de plagiat par anticipation.

William, basse : Je suis personnellement très influencé dans ce que je fais avec &ND par la new-wave, la pop, les musique brésiliennes et le post-punk anglais tels que j’en ai souvenir dans mes écoutes de gamin. J’ai vécu aux Etats-Unis et grandi à Milan où j’ai eu la chance d’élargir mes horizons à toutes sortes de musiques : jazz, bossa-nova, house, folk, techno, afro-beat etc. etc. etc. avec pour point commun la recherche tout simplement du « swing » …comme dirait Duke Ellington. Bref, si d’une part je suis très sensible à tout ce qui me permet d’explorer des univers étranges, c’est quand même avant tout la mélodie, le rythme et la sincérité d’un artiste qui me touchent en premier. J’aime bien l’idée que des gens puissent se défouler et paradoxalement se rendre compte tout à coup qu’ils sont en train de « swinguer » et taper du pied sur du Sonic Youth, du Slint, ou quelque chose de parfois franchement « bizarre » mais terriblement accrocheur.


Justement vous mêmes n’en n’êtes pas à votre premier coup d’essai. Les choses ont du évoluer depuis votre précédent opus ( Play it now 2005 ndlr) ?

William, basse : Play It Now me semble très loin… je pense néanmoins qu’il témoigne d’une énergie et d’un enthousiasme qui nous a permis de travailler sur notre identité en tant que groupe. Il n’est pas si radicalement différent que ça par rapport à l’esprit qui nous caractérise sur scène. J’aime parfois m’y replonger, mais je pense aussi qu’aujourd’hui notre musique est devenue plus complexe, pas forcément moins accessible, mais en tout cas plus exigeante. Sur notre E.P. suivant Hit the road de 2006, on garde cet esprit pop-indé en tête, ce côté immédiat et facilement reconnaissable, mais on est en même temps beaucoup plus attentifs sur les arrangements et aux nuances. Il y a des dizaines de morceaux que l’on a laissé derrière nous ainsi qu’entre les deux. Je pense qu’aujourd’hui on se sent plus à l’aise et on peut se permettre de prendre des risques, tourner la page et, à nouveau, passer à autre chose.

Yann, batterie : Certains titres mériteraient d’être finis sur cet E.P., dommage qu’on ne puisse plus les entendre à force !

Filipe, guitare : Nous avons beaucoup évolué depuis. Quand je le réécoute, je me rends compte que nous manquions d’assurance. Mais c’est un disque pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Play it now n’est pas un grand disque... il est seulement très bon !
C’est un disque qui reflète parfaitement ce que nous étions à l’époque. Il n’est pas parfait mais il est vrai. Et quelles chansons ! Je suis le plus grand fan de &ND.

Traffic et Hey hey Hey ! font partie de votre dernier E.P Hit the road (2006). Ce sont des titres qui ont une certaine énergie à revendre. Ils semblent surtout calibrés pour la scène. Vous faites des versions spéciales en concert ?

Filipe, guitare : Pas vraiment en fait. Bien sûr les morceaux ont plus d’énergie sur scène mais de là à parler de versions spéciales... Cela dit, il nous arrive de trouver des astuces qui relancent des morceaux que nous croyions immuables. Rien n’est jamais vraiment figé.

William, basse : Les arrangement peuvent parfois varier, mais il s’agit là plus d’un travail d’enregistrement ou de répète. J’aime bien l’idée d’adapter un morceau à un autre tempo, couper les structures, revoir les mélodies… en répète justement on s’amuse beaucoup sur tout ces changements, mais ce que vous pouvez apprécier en « live » est généralement le résultat du compromis qui nous paraît le meilleur à proposer à cet instant là au public.

Yann, batterie : je déteste les clics, même si en enregistrement c’est indispensable. Donc en live c’est toujours à 20bpm près…

Votre dernier concert a eu lieu à Paris, le mercredi 23 mai à l’Espace-B dans le cadre du « Festival GROSSE CAISSE ». Comment ça s’est passé ?

Filipe, guitare : Chaque concert est spécial. Pour la raison aussi que nous n’en faisons pas beaucoup ! Les gens de la web TV Grosse Caisse sont vraiment des gens bien, impliqués et passionnés. Nous étions très heureux de jouer pour eux.

Yann, batterie : On s’est bien amusé et c’était l’occasion de découvrir Tue Pogo E64 et leur énergie. Il manquait peut être juste la foule en délire, mais tout le monde a préféré se réserver pour le concert de Jennifer le lendemain…

William, basse : L’équipe a été très attentive. Ils ont tout fait pour nous faire sentir à l’aise. Nous avons eu le plaisir de partager la scène avec des groupes très intéressants. J’ai bien aimé les Tue Pogo E64 et leur punk que j’associe volontiers à des groupes comme Liars les tout premiers P.I.L. ou à ce que fait dernièrement Graham Coxon. J’aime beaucoup cet esprit iconoclaste, très ironique, énergique et auquel je me sens si proche, ça fait du bien. La Grosse Caisse part sur des projets ambitieux ; j’espère sincèrement qu’ils pourront trouver un vrai public attentif, autre que celui des quelques habitués, et un socle dur de fans inconditionnels qui, petit à petit, pourront les soutenir tout au long de leur nombreuses initiatives artistiques.


Parlez nous de vos prochaines dates...

Yann, batterie : le 1er juillet, c’est mon anniversaire, j’ai bon

Filipe, guitare : Justement, Grosse Caisse nous a invités pour le 21 juin. Ils ont l’intention d’organiser un truc avec plusieurs groupes vers la rue Oberkampf. Je crois que ce sera une très bonne soirée.

Y-a-t-il un travail particulier pour la voix, qui peut sonner très british ou californien, et pour les autres instruments ? Vous utilisez un matos particulier ?

Filipe, guitare : Le son des enregistrements dépend de l’atmosphère de la pièce, de notre humeur et aussi de ce que nous avons bu avant ! Un enregistrement est toujours une expérience bizarre. J’ai besoin que cela soit très solennel, comme si je passais une épreuve. Je ne sais pas si les autres le ressentent comme cela. Le matos utilisé n’a rien de très particulier. Mais nous donnons de l’importance au son, le son définit le caractère.

William, basse : Vincent aime cultiver un certain mystère… c’est d’ailleurs pour ça que vous ne l’entendrez jamais en interview. Tout d’abord : &ND c’est à 100% de l’autoproduction… on fait absolument tout de A à Z avec notre matos. Notre habilité ou nos défauts lors des enregistrements témoignent pour le moins d’une sacré dose de courage, naïveté parfois… mais en tout cas d’un élan sincère et généreux. Après, je dirais que je ne pense pas que Vincent raisonne par parti pris. Sa voix ou mes chœurs ont beaucoup évolué certes. La technique et le matériel à disposition peuvent aider mais ce n’est pas tout. Parfois c’est un chorus, une saturation, parfois un delay… peu importe, pourvu que le « grain », quelque soient l’instrument ou la voix, puissent au final retransmettre l’émotion recherchée et le plaisir que l’on a à jouer notre musique. Quand à mes basses lors des enregistrements… de mon côté j’aime plutôt démystifier ce moment. J’essaye toujours d’y passer le moins de temps possible pour me concentrer à l’écoute des autres instruments. Ca peu paraître un peu loufoque mais c’est mon parti pris que de faire le moins de prises possibles, souvent 2 prises de basse au maximum… comme pour me « contenter » de garder cette approche spontanée, capturer au mieux le plaisir de l’instant, quitte à ce que mon son garde un côté « cra-cra »… Le mix est en tout cas la phase qui nous demande à tous le plus de travail d’écoute, confrontations, négociations …surtout Vincent qui y passe plusieurs nuits d’affilée si ce n’est des semaines… qu’est-ce qu’il est patient ! Le pauvre, on lui en fait bien baver !!

D’ailleurs restons avec le chanteur : quelle place prennent les textes (en anglais ndlr) dans votre approche ? Y-a-t-il des messages ?

Filipe, guitare : Je ne crois pas que nous soyons un groupe à message au sens où on l’entend habituellement. Mais il serait idiot de revendiquer l’absence de message. J’aime penser que nos chansons contiennent des messages dont peut-être nous n’avons pas conscience. Il n’est pas nécessaire d’émettre des généralités sur la misère du monde pour porter un message. J’ai lu que l’ancien président tchèque Vaclav Havel considérait que le Velvet Underground avait inspiré la révolution tchèque. Pourtant aucune chanson du Velvet Underground n’a jamais évoqué le communisme ou le fait que Staline n’était pas un ardent défenseur des droits de l’homme. Donc, il y a quelque chose d’autre. Un parti-pris esthétique peut se révéler un geste politique... Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la musique.
Vincent traite de choses très ponctuelles, très locales, qui semblent parfois légères mais il y a toujours plusieurs niveaux d’interprétation... Et souvent ce qui est local est universel. Les généralités, elles, ne parlent à personne.

William, basse : L’écriture de Vincent est toujours très spontanée, c’est pour lui un processus très naturel. Le quotidien est certes disséqué mais il/on ne cherche pas pour autant à en faire de la philo de comptoir. C’est plutôt des bribes de narration, témoignages de vie auxquels chacun peut s’identifier pour peu qu’il soit attentif à ce qui se cache entre les lignes. Cependant si le public est capable de fredonner nos mélodies sous la douche après quelques écoutes ou taper du pied sans pour autant tout comprendre des textes en anglais… et bien, en tout cas je considère pour ma part que c’est déjà pas mal.

Vous avez pas mal tourné à l’étranger. Avez-vous un souvenir particulier ou une rencontre qui vous a marqués ?

Yann, batterie : le meilleur souvenir est un concert en Italie, nous étions presque « en famille » même si nous ne connaissions presque personne dans la salle bondée. Le concert a commencé pianissimo et fini allegro, sur un bœuf avec La Camera Dell’ Amore Sonico, un excellent groupe de noise-rock milanais, qui s’était reformé pour l’occasion !

Filipe, guitare : J’ai amené le groupe au Portugal l’an passé. Ce fut une expérience très forte. Mais aussi très prenante. Il fallait gérer un groupe de dix personnes et j’étais le seul à parler portugais. Je n’ai pas vraiment le sens des responsabilités, c’était nouveau pour moi... J’aurais aimé pouvoir faire les choses avec davantage de temps. Nous avons joué dans un petit théâtre devant trente personnes. C’était réduit mais à la fin tout le monde sautait !

Allez, le mot de la fin : qu’écoutez-vous en ce moment ?

William, basse : Ces deux dernières semaines j’avais la chance d’être en vacances. J’en ai profité pour faire le plein de nouveautés. J’ai beaucoup écoute LCD Soundsystem, Air, Métric, Art Brut, Peter, Bjorn and John, Sonic Youth, TV On The Radio, Thievery Corporation, le dernier Arctic Monkeys et plein d’autres groupes dans des domaines cette fois plus house/électro mais… bon, demain qui sait… Ah, au fait : mes disques de chevet changent tout le temps !!!…

Yann, batterie : La compilation Gang of four (A brief History of the twentieth century), Free Kitten et je redécouvre Interpol.

Filipe, guitare : Cette semaine, j’ai acheté le dernier Black rebel motorcycle club ainsi qu’une réédition de The Associates, un groupe fascinant. Le dernier Arcade Fire est magnifique. L’album de Phoenix est jubilatoire. J’ai également découvert un live de Nino Ferrer enregistré en 1966 où on découvre que Nino Ferrer était un authentique soulman en français. La grande classe ! C’est quand même autre chose que Bénabar... J’écoute aussi des musiques de film : Lalo Schifrin, John Barry, Laurie Johnson...

Liens web :
http://www.flickr.com/photos/39674212@N00/
http://www.myspace.com/8nd
http://www.8nd.net

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